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Collaborer entre le travail social et la santé

Lundi 27.04.2026
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Indispensable pour répondre aux défis actuels, l’interprofessionalité entre la santé et le travail social demeure pourtant difficile en raison de silos ou d’une méconnaissance mutuelle. Pistes d’amélioration tirées de la pratique de terrain.

Par Tania Simoes, travailleuse sociale et maître d'enseignement HES, Haute école de travail social et de la santé Lausanne (HES-SO), Christine Jayet-Ryser, conseillère sociale, Fragile Suisse, Gloria Nely Medina Bernal, responsable du Service social, Réseau hospitalier neuchâtelois, Nadia Noto Perna, référente du Service social hospitalier, Centre hospitalier du Valais romand, Laetitia Probst-Barroso, responsable de missions, palliative vaud, et Patricia Zweilin, assistante sociale, Pro Infirmis Vaud

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » : cette définition de l’OMS (1946) suffirait à justifier la nécessité d’une collaboration entre professionnel·les du travail social et de la santé. Sur le terrain, la réalité est pourtant plus nuancée : les travailleurs·euses sociaux·ales rencontrent des difficultés à collaborer avec les professionnel·les de la santé. Ce constat est partagé par les co-autrices de cet article, qui se sont rencontrées dans la section romande de l’association suisse pour le travail social en lien avec la santé (SAGES) [1].

Les collaborations interprofessionnelles s’imposent dans des lieux communs comme les hôpitaux, les résidences ou les services d’aide et de soins à domicile. Elles s’établissent aussi lors d’accompagnements à un rendez-vous médical. Mais elles sont souvent freinées par des logiques de territoires, des langages différents, ou encore une méconnaissance mutuelle des disciplines (Couturier & Belzile, 2021).

Bien que la notion d’interdisciplinarité soit souvent utilisée pour parler de ces enjeux, le terme d’interprofessionnalité est ici privilégié : il permet de décrire la façon dont plusieurs professions coopèrent pour construire une action commune. Soit « (…) une compréhension partagée de la situation non pas pour que chacun puisse y apporter une solution à l’aune de sa compétence mais pour essayer de proposer (de composer) une réponse ajustée, mutualisée qui tienne compte des apports de chacun » (Hatano-Chalvidan, 2016, p.15).

L’objectif de cet article est de faire connaître les compétences acquises en matière d’interprofessionnalité des cinq co-autrices, toutes professionnelles du travail social qui interviennent dans le champ de la santé. Elles expriment d’abord la nécessité de faire reconnaitre le travail social pour que la collaboration puisse débuter. Il s’agit ensuite de valoriser les apports mutuels des deux champs dans une recherche de transversalité.

Raconter le travail social pour légitimer son rôle

Le personnel de santé, médecins en tête, bénéficie d’une position hiérarchique et symbolique dominante qui contribue à une vision biomédicale de la santé centrée sur le soin. Seulement, ces actions ne suffisent pas toujours. C’est pourquoi la médecine intègre des dimensions sociales dans ses interventions (Senn et al., 2025). Les travailleurs·euses social·es dans les équipes ou dans les réseaux de soin possèdent les compétences nécessaires pour rendre visibles ces dimensions et leurs répercussions dans la vie des personnes.

Cependant, la collaboration entre le travail social et la santé se heurte à des obstacles dans sa mise en pratique : « Lorsque nous intervenons pour la première fois dans un réseau, il faut une phase de présentation pour devenir des acteur·trices de la situation et justifier notre place », raconte Christine Jayet-Ryser, conseillère sociale à l’organisation Fragile Suisse. De son côté, Nadia Noto Perna, référente du Service social hospitalier au Centre hospitalier du Valais Romand, observe que les hôpitaux « sont des domaines spécifiques où les travailleurs·euses social·es fonctionnent avec peu de moyens et souvent à temps partiel face à leurs collègues exerçant dans le milieu médical. Cela leur demande de légitimer leur place et de chercher la collaboration des médecins, infirmier·ères ou physiothérapeutes. » Patricia Zweilin, assistante sociale chez Pro Infirmis Vaud, ajoute que « l’interdisciplinarité est un outil précieux qui peut faire gagner en efficacité l’intervention sociale. Mais la visibilisation du travail social auprès de nos partenaires n’est jamais acquise. Elle doit être sans cesse réactivée. »

L’interprofessionnalité dans le domaine de la santé implique donc pour les travailleurs·euses social·es d’être tout d’abord capables d’expliquer leur rôle et leurs actions. Or, mettre en mots sa pratique reste difficile pour une profession longtemps exercée dans l’ombre. Choisir de rompre ce silence en adoptant de nouveaux modes de fonctionnement s’avère donc essentiel.

Dans cette optique, Laetitia Probst-Barroso, éducatrice spécialisée chez palliative vaud, propose par exemple d’« exposer la nature de son métier en invitant des collègues d’autres corps de métiers à s’immerger dans son quotidien, et vice-versa. Cette démarche permet de développer une harmonie des compétences. Elle amène un soutien plus adéquat et ajusté aux personnes accompagnées. » Pour Nadia Noto Perna, il semble important que « chaque mois, tous les nouveaux·elles collaborateur·trices des soins infirmiers participent à une présentation du service social. Cela vaut également pour les tournus de médecins (…) Il est particulièrement difficile d’être convié à des colloques ou des séances pluridisciplinaires, car l’aspect social ne prime pas sur l’aspect médical. Malgré cela, le service social organise des séances avec le personnel médical ou soignant, les patient·es et les proches afin de diffuser les informations et de co-construire un filet de sécurité sociale autour du·de la patient·e. »

Cette mise en lumière représente le premier ingrédient de la collaboration interprofessionnelle, car elle crée des ponts entre les deux champs pour mieux se connaître et se comprendre. L’interprofessionnalité requiert en effet d’identifier et de choisir des compétences, valeurs et savoirs professionnels partagés et servant à construire un projet commun (Hatana-Chalvidan, 2016).

Raconter sa pratique est un effort qu’il faut répéter, car il s’avère plus facile de continuer à faire sans les autres et de s’appuyer sur ses propres expertises. Il convient alors de préciser que l’interprofessionnalité ne remet pas en cause les savoirs disciplinaires. Elle invite à élargir ses compétences, à ouvrir son analyse à d’autres savoirs et à repenser ses interventions sociales. Elle mobilise toute la richesse du travail en commun.

L’interprofessionnalité et approche holistique

Afin de répondre aux multiples défis actuels, le travail en silo entre professions mérite également d’être déconstruit. L’émergence de nouveaux besoins, les cas complexes ou encore les réductions budgétaires obligent le travail social, et d’autres disciplines, à innover. Dans le contexte des liens entre travail social et santé, il s’agit de rappeler l’importance de la complémentarité professionnelle et d’une approche holistique.

« L’interdisciplinarité dans le domaine médical permet de travailler de manière complémentaire en explorant les rôles et fonctions des membres du réseau du·de la patient·e », explique Nadia Noto Perna. Responsable service social du Réseau hospitalier neuchâtelois, Gloria Nely Medina Bernal ajoute qu’« en milieu hospitalier, le travail social incarne une approche globale du soin, qui tient compte des réalités de vie, des vulnérabilités sociales et du droit de chaque personne à être soutenue avec respect et dignité ».

La nécessité de complémentarité et de l’approche holistique se retrouve aussi dans les principes de l’association SAGES. Sa charte, actuellement en révision, mentionne que les professionnel·les du travail social « (…) s’intéressent plus particulièrement aux aspects sociaux de la santé et s’efforcent de les influencer de manière positive. Dans cette fonction, le travail social diffère du travail administratif et de soins, car il consiste à soutenir l’ensemble du système social dans son environnement » (SAGES & Avenir Social, 2018, p.3).

Cette spécificité du travail social en lien avec la santé se traduit concrètement sur les terrains. Patricia Zweilin rapporte cet exemple : « Lorsqu’un·e thérapeute explique les objectifs de travail pour un enfant, qu’il·elle donne des exemples d’outils utilisés, la nature de son travail devient plus explicite pour les autres. De même, lorsqu’un·e travailleur·se social·e sensibilise le réseau à l’environnement d’une famille, à ses conditions économiques, à ses problématiques organisationnelles, aux dimensions culturelles en jeu, il·elle peut favoriser la réussite d’un traitement ou d’une prescription médicale en l’adaptant au contexte. » Les assistant·es sociaux·ales jouent le rôle d’interface entre les familles et les intervenant·es. Ils·elles assurent ainsi un accompagnement médical et thérapeutique adapté aux personnes.

Les succès en matière d’interprofessionnalité reposent sur les capacités à élargir les « compétences métiers », en développant des compétences spécifiques : expliciter et valoriser son rôle, créer des espaces de dialogue interprofessionnel, sensibiliser aux facteurs sociaux, dépasser les logiques de silo, co-construire des actions ou situer son analyse dans un contexte médical. Ces éléments permettent d’intégrer les actions dans l’interface de celles des professionnel·les de la santé. La collaboration interprofessionnelle devient ainsi un levier pour mieux accompagner les personnes. Dans ce contexte, la posture professionnelle évolue, car elle résonne avec la perception d’une culture interprofessionnelle partagée dont l’objectif consiste à reconnaître la richesse de chaque discipline.

Adapter la formation et clarifier le rôle des institutions

Pour que cette ambition trouve écho auprès des professionnel·les, l’interprofessionnalité nécessite d’être enseignée dans le cursus des étudiant·es de chaque discipline. Le plan d’étude cadre 2020 du Bachelor of Arts HES-SO en Travail social l’a inclus dans son programme (Konan et al. 2024). Néanmoins, la façon dont les travailleur·euses sociaux·ales reconnaissent, intègrent et s’adaptent aux enjeux de la collaboration mérite d’être davantage étudiée et valorisée. L’expertise des bénéficiaires doit aussi trouver une place.

Quant aux institutions, elles ont plusieurs rôles à jouer, à commencer par expliciter de quelles manières l’interprofessionnalité se déploie dans leurs instances (par le biais de formations externes, internes, colloques ou mini-conférences.). Il leur appartient également de mettre à disposition des moyens suffisants pour travailler ensemble. En effet, les professionnel·les ont besoin de disposer de temps et d’espaces pour co-construire des actions avec leurs collègues et les personnes concernées. Ce temps dévolu à la coordination des prestations sociosanitaires contribue, finalement, à optimiser les gestes professionnels et à réduire les coûts de la santé.

Bibliographie

[1] L’Association suisse pour le travail social en lien avec la santé (SAGES) regroupe des personnes, des institutions et des organisations suisses qui exercent le travail social professionnel dans tous les champs d’activité de la santé ainsi que dans le contexte de la santé publique.


 Lire également :

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Comment citer cet article ?

Tania Simoes et al., «Collaborer entre le travail social et la santé», REISO, Revue d'information sociale, publié le 27 avril 2026, https://www.reiso.org/document/15443

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