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Du sentiment d’impuissance au passage à l’action

Jeudi 19.03.2026
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Développée par le professeur et chercheur Yann Le Bossé, l’approche centrée sur le Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA-PC) constitue une alternative aux pratiques traditionnelles du travail social.

Par Isabelle Soguel, conférencière et formatrice d’adultes indépendante

Certaines pratiques sociales actuelles sont délétères[1] , tant pour les bénéficiaires que pour les professionnel·les, affirme le professeur Yann Le Bossé [2]. Selon lui, ces pratiques créent des problèmes plutôt que de les résoudre, conduisant peu à peu au désespoir des un·es et à l’épuisement des autres [3]. Ce chercheur canadien se consacre depuis 30 ans à l’étude du Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA-PC).

En réponse à ce constat peu réjouissant, Yann Le Bossé propose d’accompagner les personnes concernées dans une démarche d’émancipation. Rien de révolutionnaire, mais un rappel aux valeurs fondamentales du travail social, ainsi qu’un chemin pour y rester fidèle. Au cœur des multiples contraintes, face aux diverses pressions, une boussole et une nécessité : adopter une posture de « passeur·euse », d’allié·e stratégique.

Les professionnel·les du travail social formé·es au Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA-PC) le disent : en apparence, cette approche semble facile à comprendre, mais elle devient complexe lorsqu’il s’agit de la mettre en œuvre. Au fil de leur formation, les professionnel·les prennent conscience de certains aspects souvent contreproductifs de leur posture. Et ce, malgré leur intention de « bien faire » ou à minima de « faire au mieux ». Voici ce qu’elles et ils ont pu constater à l’issue de leur formation à l’approche : « J’induis beaucoup moins… », « Je prescris moins… », « Je suis moins fermée aux idées qui me paraissent “impossibles”, “farfelues” ou “inadaptées”, ce qui me conduit à davantage d’humilité́ dans mon accompagnement » [4].

Déconstruire une vision du monde constitue un travail de longue haleine. Modifier la façon de lire la réalité pour adopter une posture favorisant le développement du pouvoir d’agir (DPA) de la personne concernée représente un défi. Surtout quand il s’agit de prendre en compte les multiples enjeux en présence. Passionnant, mais exigeant, pour celles et ceux qui le relèvent.

La question de départ demeure : comment aider ?

Pour les professionnel·les, la question de départ reste toujours identique : comment aider ? La réponse proposée par le DPA-PC diffère : « En créant des conditions favorables au DPA de la personne concernée ». Il s’agit d’une recherche commune [5] de ce qui pose concrètement problème à la personne concernée pour avancer dans la direction de ce qu’elle a elle-même défini comme le plus important pour elle, ici et maintenant. On se situe donc loin du diagnostic formulé par les professionnel·les, qui se posent bien souvent comme seul·es expert·es du problème des bénéficiaires. L’approche traditionnelle tend à penser que la personne « manque de quelque chose » pour réussir et qu’il s’agit de pallier ses lacunes pour solutionner le problème. Les professionnel·les recherchent alors des solutions sur la base de leur propre expertise et en réponse au diagnostic posé.

De son côté, le DPA-PC envisage une prise en compte des éléments contextuels et structurels contribuant à empêcher la personne concernée de progresser sur son chemin. L’approche invite à une exploration conjointe des solutions possibles et viables, et surtout réalistes avec les moyens à disposition. Elle donne une place essentielle à la réflexion sur l’expérience vécue, favorisant ainsi l’émancipation des personnes concernées. La réflexion ne se pose pas en termes de réussite ou d’échec.

Œuvrer au bien commun et à la justice sociale

Penser l’intervention sociale selon l’approche centrée sur le DPA-PC permet d’œuvrer au bien commun, en visant davantage de justice sociale et en soulageant la souffrance au quotidien, valeurs chères aux travailleurs et travailleuses sociales. La définition de la souffrance s’articule autour de la possibilité d’agir : « La souffrance n’est pas uniquement définie par la douleur physique, ni même par la douleur mentale, mais par la diminution, voire la destruction de la capacité d’agir, du pouvoir faire, ressentie comme une atteinte à l’intégrité de soi. » [6] La réflexion débute ainsi par la définition d’une situation problématique, dans laquelle la personne concernée ne se sent pas en possibilité d’agir de la manière dont elle le souhaite, bloquée par un sentiment d’impuissance. Le changement qu’elle vise est précisé.

Lorsqu’on définit un problème avec pertinence, on l’a déjà à moitié résolu : ce point de départ est bien connu. Le chemin de résolution s’écarte toutefois des sentiers battus. Selon le DPA-PC, le but est non seulement que la personne concernée puisse résoudre le problème qui se pose à elle avec l’accompagnement du ou de la professionnelle et qu’elle puisse se remettre en mouvement, mais également qu’elle réalise des prises de conscience et des apprentissages sur la base de l’expérience vécue. Par exemple, le problème n’est pas forcément celui qu’elle imaginait au départ ; elle détient les solutions et l’accompagnement lui permettra de les trouver ; elle est capable de passer à l’action, pour autant que toutes les conditions nécessaires soient réunies : « Vous savez… c’est très étrange. Quand vous me remettez sous le nez tout ce que j’ai fait depuis le jour où je suis venue avec l’envie de démissionner, mon esprit refuse d’y croire… Pourtant, je sais que c’est moi qui ai fait tout ça !... Et il y a plein de petites choses à côté que je ne pensais pas une seconde être capable de faire !... Quelque chose a bougé. » [7]

La visée émancipatrice de la démarche a pour but de permettre à la personne concernée de passer d’une spirale d’échecs successifs à un cercle vertueux de réussites. Et ce par le biais d’actions préalablement paramétrées pour qu’elles aient toutes les chances d’être menées à bien. Si tel n’était pas le cas, l’occasion se présenterait de comprendre les obstacles mis au travers de la route. Comme l’affirmait Nelson Mendala : « Je ne perds pas, soit je gagne, soit j’apprends. »

Du côté des professionnel·les, laisser la personne tracer sa route, faire ses choix, tout en l’aidant à trouver son chemin, est plus complexe qu’il n’y parait. Il s’agit d’abandonner ses illusions, en les débusquant à chaque fois qu’elles se manifestent, notamment dans sa posture. Il peut s’agir de l’illusion de « toute puissance », soit l’idée que sa mission consiste à trouver les solutions au problème posé et que c’est possible, pour autant qu’il·elle s’engage suffisamment et mène une réflexion pertinente. Ou de mettre tout en œuvre pour que la personne change dans le sens de ce qui est attendu d’elle par la société, au nom de l’idéal de « garant du bien commun ». Or, nul·le ne peut changer qui que ce soit. Seule la personne est en possibilité de modifier son comportement, pour autant qu’elle le décide.

Dans les deux cas, la personne concernée peut se sentir privée de son pouvoir d’agir et se mettre « en résistance », pour faire valoir son droit à choisir sa vie. Qui souhaite se voir dicter sa propre vie ? Et dans les deux cas, les professionnel·les sont susceptibles de s’épuiser à force de vouloir trop en faire. Car les clés du changement, de la résolution du problème identifié, se trouvent généralement dans les mains des personnes concernées, voire dans celles d’autres acteurs et actrices en présence. Bien plus rarement dans celles des professionnel·les de l’accompagnement social.

Le chemin proposé par le DPA-PC consiste à accompagner la personne vers une prise de conscience qu’elle « sait », alors qu’elle pensait « ne pas savoir ». Ou qu’elle « peut », alors qu’elle pensait « ne pas pouvoir ». Le tout en prenant en compte les limites structurelles imposées par le contexte. L’approche permet également d’accompagner les collectifs.

Faire évoluer les pratiques vers plus de légèreté

Une étude menée en 2018 par l’autrice [8] sur la santé au travail en lien avec la pratique du DPA-PC a montré que la formation à cette approche avait apporté un mieux-être, y compris sur le plan strictement émotionnel, à la quasi-totalité de la cinquantaine de professionnel·les interrogé·es. Reconnaître l’expertise expérientielle [9] et les enjeux des personnes concernées diminue, entre autres, les situations de tension et d’opposition de manière significative.

Trois professionnelles témoignent : « La formation au DPA m’a permis de retrouver le sens dans mon travail. Cohérence et congruence dans sa pratique d’intervention psychosociale nourrissent la santé au travail. Et le DPA a contribué au retour de cette cohérence. » ; « Je suis plus dans l’idée d’accompagner la personne à trouver elle-même des pistes, à découvrir le pouvoir qu’elle a sur la situation qu’elle vit » ; « La formation m’a permis d’envisager mon travail sous un autre angle, ce qui redonne richesse, motivation et créativité ».

L’approche centrée sur le DPA-PC connait actuellement un grand développement. Le dernier ouvrage de son auteur Yann Bossé a été publié en 2024 [10]. Il porte sur l’évaluation des pratiques sociales, apportant un regard neuf sur la question. Faire évoluer ses pratiques vers une prise en compte de ce qui est important pour la personne concernée, sans occulter les enjeux en présence, représente un défi. Mais quelle autre voie pour, aujourd’hui, faire face à la tâche, tout en respectant les personnes concernées, les professionnel·les et les valeurs du travail social ?

Bibliographie

  • Le Bossé, Y. (2016). Soutenir sans prescrire. ARDIS.
  • Le Bossé, Y., Bilodeau, A., Chamberland, M. & Martineau, S. (2009). Développer le pouvoir d’agir des personnes et des collectivités : quelques enjeux relatifs à l’identité professionnelle et à la formation des praticiens du social, Nouvelles pratiques sociales, 21(2), 174-190

En savoir plus

[1] Le Bossé, Y., Bilodeau, A., Chamberland, M. & Martineau, S. (2009). Développer le pouvoir d’agir des personnes et des collectivités : quelques enjeux relatifs à l’identité professionnelle et à la formation des praticiens du social, Nouvelles pratiques sociales, 21(2), 174-190.

[2] Auteur de l’approche centrée sur le Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA-PC), professeur à l’Université Laval, à Québec, fondateur du Laboratoire de recherche sur le développement du pouvoir d’agir.

[3] Cette approche méthodologique a été pensée spécifiquement pour le travail social, ce qui en soi est novateur, les pratiques usuelles provenant généralement d’autres champs de recherche, comme la psychologie, la médecine ou la biologie. Mais son application fait sens dans d’autres domaines. Des praticien·nes de l’enseignement, de la formation et de la santé s’en inspirent et en expérimentent la pertinence.

[4] Ces propos ont été recueillis par l’autrice après différentes sessions de formations.

[5] A savoir, du·de la professionnel·le et de la personne concernée.

[6] Ricoeur, P. (1990). Soi-même comme un autre. SEUIL.

[7] Témoignage d’une personne concernée : Jouffray, C. (2014). Développement du pouvoir d’agir. Une nouvelle approche de l’intervention sociale, p.129. EHESP.

[8] Étude non publiée.

[9] L’expérience que la personne a de sa propre vie, de son contexte, de ses limites et de ses ressources.

[10] Le Bossé, Y. (2024). Sortir de l’impuissance. Tome 3 : Aspects empiriques. ARDIS.


 Lire également :

Comment citer cet article ?

Isabelle Soguel, «Du sentiment d’impuissance au passage à l’action», REISO, Revue d'information sociale, publié le 19 mars 2026, https://www.reiso.org/document/15258

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