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Jacques Besson, esprit ouvert, explorateur de la conscience

Mardi 29.09.2026

HOMMAGE — Spécialiste des addictions et professeur de psychiatrie communautaire à l’Université de Lausanne, Jacques Besson est décédé le 19 septembre à 71 ans. Jean Martin rend hommage à un médecin qui aimait explorer les chemins de traverse.

Par Jean Martin, ancien médecin cantonal vaudois

journee mondiale soins palliatifs 2024 reiso gustave deghilage 400Jacques Besson en conférence lors de la Journée mondiale des soins palliatifs en 2024 à Morges. reiso gustave deghilage 400 © Gustave Deghilage / palliativevaudProfesseur de psychiatrie communautaire de l’Université de Lausanne, spécialiste des addictions, Jacques Besson est décédé le 19 septembre à l’âge de 71 ans. Sa disparition représente une grande perte pour celles et ceux qui le suivaient depuis des années dans des démarches qui sortaient des sentiers battus.

Auteur d’une thèse remarquée, récompensée par le Prix de Faculté de médecine en 1986 et consacrée à la correspondance entre Freud et le pasteur Oskar Pfister, il s’est orienté vers l’addictologie et est devenu à Lausanne le responsable du Centre Saint-Martin, pièce majeure du dispositif vaudois de soins aux personnes dépendantes. Il y collaborait avec plusieurs dizaines de confrères généralistes qui consacraient du temps et de la compétence à ces personnes.

Encore jeune, il devient vice-recteur de l’Université de Lausanne de 2003 à 2006, responsable de la recherche. Il se distinguait déjà par ses intérêts pour des spiritualités différentes et rappelait volontiers le passage à Lausanne du Dalaï-lama, avec lequel il avait dialogué.

Arrivé à la retraite, Jacques Besson a développé des réflexions et des actions qui ont enrichi la vision et la pratique de la médecine, ainsi que la manière d’appréhender l’être humain. Il s’est fait le porte-parole passionné des trois ordres de la médecine : physique, psychosocial et spirituel. En 2016, avec Pierre-Yves Brandt, il publie Spiritualité en milieu hospitalier [1]. Puis, en 2018, Addiction et spiritualité [2], qui rencontre un écho international. Il soulignait également que la neutralité traditionnellement associée à la pratique professionnelle devait parfois céder le pas à l’engagement en faveur de patient·es défavorisé·es, y compris face à l’autorité. 

Ces dernières années, le professeur Besson a été un orateur très sollicité, en Suisse comme ailleurs, élargissant le regard sur des domaines en lien avec la conscience, le sens, l’essence, l’invisible. Avec son style convaincant et son humour parfois un rien théâtral, il présentait des positions qui auraient défrisé il y a quelques décennies. Il a créé l’Association pour l’exploration de la conscience (APEC), dont les conférences ont attiré un nombreux public.

Jacques Besson a été une figure de senior invitant à nous décentrer, à faire le pas de côté — et le pas de plus —, à s’ouvrir aux idées non conventionnelles, aux réalités non ordinaires. Avec des formules telles que : « La conscience est-elle dans le cerveau ou le cerveau baigne-t-il dans la conscience... universelle ? », il a été un ouvreur de chemins, un engagé. Un passeur. Il a semé des graines.

[1] Pierre-Yves Brandt et Jacques Besson (éd). Spiritualité en milieu hospitalier. Genève : Ed. Labor et Fides, coll Psychologie et Spiritualité. 2016

[2] Jacques Besson. Addiction et spiritualité ; Spiritus contra spiritum. Toulouse : Ed. érès. 2018. Lire la recension de Jean Martin.


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