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Juin 2015 : détour dans les bibliothèques

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André, Jacques ; avec la collab. d’Anthony Pouliquen
Pour une vie épanouissante, une éducation motivante : essai sur la métamotivation
Paris : L’Harmattan, 2015

Après avoir consacré ses ouvrages précédents à l’éducation et à la pédagogie de la motivation, l’auteur centre ici sa réflexion sur la métamotivation que constitue l’accomplissement de soi, finalité éducative essentielle.

Pour lui, se réaliser c’est réussir sa vie en la construisant à partir de rencontres marquantes et d’expériences fondatrices. Ce sont elles qui nous amènent à donner le meilleur de nous-mêmes.

Des extraits de récits de vie authentiques et émouvants, choisis pour leur exemplarité, sont éclairés par des références théoriques et permettent de définir les conditions les plus favorables pour entrer dans le processus de réalisation de soi.

L’expérience affective personnelle ayant une portée universelle, il est fort probable que dans certains récits, le lecteur puisse se retrouver.


 

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Marcelli, Daniel ; Lamy, Anne
L’état adolescent : miroir de la société
Paris : A. Colin, 2013

L’adolescence tend à devenir un état : on y rentre de plus en plus tôt, on en sort de plus en plus tard. Si cette période de la vie s’étend, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est le signe que le statut de l’adulte n’a jamais été aussi fragilisé et ébranlé qu’aujourd’hui, pendant que celui du jeune, à l’inverse, a gagné en popularité. Car c’est l’âge de tous les possibles, de la croissance.

D’une certaine manière, les valeurs de la société (excitation, instantanéité, urgence, etc.) se rapprochent de plus en plus de ce qui caractérise l’adolescent lui-même, d’où un effet de miroir, fascinant et presque enivrant. L’adolescent apparaît comme un symptôme de la société actuelle, tout comme il tend à en devenir le modèle : un consommateur riche de sa seule illusion de toute-puissance personnelle.

Daniel Marcelli nous propose une analyse inédite de l’impact des valeurs de la société actuelle sur les adolescents et nous invite à être attentifs à ce qui, dans la course de la modernité, peut bousculer cette phase singulière de la constitution des individus qu’est l’adolescence.


 

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Rioult, Catherine
Ados : scarifications et guérison par l’écriture
Paris : O. Jacob, 2013

« Confrontée quotidiennement, dans mon travail de psychologue, à des adolescents qui s’entaillent la peau, je rencontre aussi leurs parents en plein désarroi : ’Pourquoi m’a-t-il fait cela ?’, s’interrogent-ils. Déroutés et dévorés par la culpabilité, ils m’ont tous demandé de l’aide. C’est donc à eux que je m’adresse à travers ce livre pour leur expliquer le sens profond de cette atteinte du corps, la dédramatiser dans une grande majorité de cas et leur donner des conseils. » C. R.

Car s’il a toujours existé, le geste scarificateur est devenu aujourd’hui, dans l’Occident moderne, une conduite à risque s’affichant de plus en plus sur Internet et les sites d’adolescents en souffrance. Quelles en sont les causes ? Comment comprendre celui qui s’y adonne et comment l’aider à s’en sortir ?

Croisant une approche psychanalytique et sa grande expérience de terrain pour répondre à toutes ces questions, Catherine Rioult ouvre aussi une nouvelle piste thérapeutique pour ces patients : s’exprimer sur le papier peut apaiser l’irrépressible besoin d’écrire sur sa peau.


 

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Le Doaré, Nelly
Vieillir, mourir, un chemin de vie : récit
Paris : L’Harmattan, 2013 (Rue des écoles. Récits)

L’auteur a accompagné la vieillesse et la mort de sa mère, jusqu’à ses presque 97 ans. Les sept dernières années de sa vie furent une période où elle s’est petit à petit détachée de tout ce qui n’était pas essentiel. Sa mère l’a rendue témoin de sa préparation à mourir au monde.

Nelly Le Doaré a eu la chance et le bonheur de pouvoir l’accompagner jusqu’au dernier instant.

Par ce témoignage, l’auteur se propose de rendre compte de ce qu’elle a appris, de ce qu’elle a découvert jusqu’à l’extrémité de la vie de sa mère : un chemin d’humanité et d’alliance


 

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Saada Gendron, Julie (études réunies par) ; avec la collab. de Lydia Aït Saadi-Bouras
Enseigner le passé violent : conflit, après-conflit et justice à l’école
Arras : Artois Presses Université, 2014 (Education et formation)

Au sortir des conflits violents, ou après de graves atteintes aux droits de l’homme, se pose la question de ce que les sociétés peuvent faire de leur passé criminel. Parmi les dispositifs de justice mis en place dans ces contextes transitionnels figurent, lorsqu’ils ont lieu, des processus judiciaires ou extra-judicaires et des instruments relevant de la justice transitionnelle. Mais ce que les sociétés font de leur passé criminel, les récits relevant de l’histoire ou de la mémoire publique, se trouve aussi à l’école. L’enseignement de l’histoire revêt une fonction d’instruction, mais aussi de mémoire et de formation civique. Il est souvent le lieu d’une refondation de la nation – fut-il celui d’un imaginaire partagé.

Comment enseigne-t-on le passé violent, son jugement par la justice pénale internationale, ou les droits de l’homme ? À partir d’une série d’études, cet ouvrage enquête sur la manière dont on enseigne le passé violent et sa saisie par la justice pénale ou par des institutions extra-judiciaires. Parce que l’espace scolaire cristallise des questions qui vont au-delà des questions pédagogiques, il s’inscrit à la croisée d’une réflexion sur la justice et sur l’éducation


 

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Condominas, Cécile
Sentiment amoureux et conjugalité violente : du meilleur au pire
Paris : L’Harmattan, 2015 (Criminologie)

On entend dire ici et là que, dans la conjugalité violente, la nature du lien qui unit les partenaires est différente de l’amour. Les personnes qui y sont confrontées ne sont-elles pas sous emprise, aliénées ? Peut-être même qu’"elles aiment ça" comme on l’entend dire parfois… Cet imaginaire collectif dénie le caractère amoureux de la relation, parce que dérangeant probablement. Et si on s’autorisait à penser le lien par le prisme de ce sentiment, que pourrait-on découvrir ?

C’est ce que partagent avec nous six femmes : Lise, Manon, Amel, Sarah, Edith et Carole qui ont accepté de témoigner et d’analyser leur histoire sentimentale. Elles ont aimé, souffert et, malgré les atteintes psychologiques, ont développé des stratégies de dégagement. De l’éclosion du sentiment amoureux au détachement, puis à la séparation et ses conséquences, elles parlent du meilleur et surtout du pire.

Ce faisant, elles nous livrent des clés de compréhension des impératifs psychiques inhérents à la relation affective, de ses réaménagement au fil du temps et du sens, toujours subjectif, qui lui est attribué. Sont exposées les "bonnes et moins bonnes" raisons à vivre en couple, de même que les ressources mobilisées si vient le temps de trouver une autre issue. Se dessinent alors des pistes pour un accompagnement social, psychologique, voire juridique, soucieux de valider les choix et cheminements de chacun.


 

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Fassin, Didier (collab.)
Juger, réprimer, accompagner : essai sur la morale de l’Etat
Paris : Ed. du Seuil, 2013

L’État est souvent représenté comme une entité bureaucratique abstraite et neutre. Or il se constitue à travers des discours, des pratiques et des relations qui en font une réalité concrète et située, s’incarnant dans le travail de ses agents et s’inscrivant dans les enjeux de son temps. C’est ce que montre cet ouvrage, produit d’une enquête de cinq années, qui décrit et analyse le fonctionnement de la police, de la justice, de la prison, des services sociaux et de la santé mentale. Ces institutions ne sont certes pas tout l’État, mais elles ont affaire, en large part, aux mêmes publics issus de milieux populaires, d’origine immigrée ou appartenant à des minorités.

Au fil d’une étude qui associe généalogie et ethnographie, il apparaît que la prise en charge de ces populations procède, au sommet du pouvoir comme dans le quotidien des interactions, non seulement de l’application de règles et de procédures, mais aussi de la mobilisation de valeurs et d’affects, de jugements formulés sur des groupes ou des personnes et d’émotions ressenties devant des situations ou des actes : elle exprime la morale de l’État. Nourrie des débats autour de l’immigration et de l’asile, de la délinquance et de sa répression, de la responsabilité des individus et du rôle de la solidarité, cette morale met en tension un État social en recul, un État pénal en expansion et un État libéral qui attend toujours plus de ses sujets. Comprendre cette raison morale si souvent refoulée, c’est ainsi repenser le politique.


 

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Brochu, Serge (dir.)
A la croisée des chemins : trajectoires addictives et trajectoires de services : la perspective des personnes toxicomanes
Québec : Presses de l’Université Laval, 2014 (Toxicomanies)

« Comment un consommateur de substances psychoactives est-il amené à s’inscrire dans une trajectoire addictive ? Quel en est le développement ? Comment en sort-on ? Dans quelles circonstances de son parcours la personne toxicomane aura-t-elle recours à l’un ou l’autre des services offerts au Québec et quelle sera sa trajectoire de services ? Quelles seront les interactions entre ces deux trajectoires ? Comment favoriser cette interaction afin qu’elle mène vers une sortie de la toxicomanie ou, tout au moins, une réduction de ses méfaits ? »

Les cinq chapitres de cet ouvrage se penchent sur ces importantes questions en présentant les résultats d’une recherche québécoise qui s’est intéressée au point de vue des personnes toxicomanes en regard de leur trajectoire addictive et de leur trajectoire d’utilisation de services. À la suite d’une recension des écrits sur les enjeux que pose l’intervention en toxicomanie et de la présentation de résultats quantitatifs et qualitatifs sur les profils et les trajectoires des participants rencontrés, les auteurs discutent de trois éléments essentiels dans la mise en place de services optimaux : le niveau de sévérité des problématiques détectées par les services de santé et de services sociaux au Québec, la notion de cumul de services et la collaboration et les enjeux d’intégration des services qui y sont reliés.


 

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Amyot, Jean-Jacques ; Mollier, Annie
Mettre en œuvre le projet de vie : dans les établissements pour personnes âgées
Paris : Dunod, 2013 (Santé sociale)

La loi rénovant l’action sociale et médico-sociale du 2 janvier 2002 a confirmé et étendu l’obligation pour les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes de formaliser un projet d’établissement. Cette obligation désormais consignée dans la réglementation s’inscrit dans la continuité des initiatives développées depuis plusieurs années dans les établissements sous le vocable de « projet de vie ».

Les démarches participatives présidant nécessairement à l’élaboration des projets de vie d’établissement peuvent susciter des résistances, être redoutées par les professionnels qui sont tentés d’y voir une contestation de leurs pratiques. Mais la réflexion commune, l’existence de véritables espaces d’expression et d’écoute, permet un réel décloisonnement, une plus grande cohésion des équipes et un meilleur respect de la singularité des personnes. Le projet de vie sera un authentique indicateur, dans cet espace original, de la capacité à transformer des contraintes administratives et des valeurs sociales proclamées en des pratiques profondément humaines.

Cet ouvrage propose et détaille des méthodes et des outils à construire selon les particularités de l’établissement en lien avec l’éthique et la finalité de la démarche. Il explique comment aborder ce moment crucial des institutions, sans instrumentaliser une méthode, en prenant soin de ne jamais s’éloigner de la réalité quotidienne des établissements.


 

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Thiel, Marie-Jo (dir
Les enjeux éthiques du handicap
Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg, 2014 (Chemins d’éthique)

Les personnes en situation de handicap rencontrent, aujourd’hui encore, bien des difficultés, des barrières, des discriminations et des exclusions. Des progrès considérables ont permis, au cours des dernières décennies, de transformer leur quotidien mais de nombreux défis demeurent.

Cet ouvrage, fruit d’un colloque international, évoque un certain nombre d’enjeux éthiques : autour du langage, des questions d’inclusion, de reconnaissance, de solidarité ; les défis autour de la gouvernance, de l’engagement associatif, la possibilité de mener une "vie ordinaire", de travailler, de fonder une famille…


 

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Colombo, Annamaria
S’en sortir quand on vit dans la rue : trajectoires de jeunes en quête de reconnaissance
Québec : Presses de l’Université du Québec, 2015 (Problèmes sociaux et interventions sociales ; 71)

Pourquoi certains jeunes vivant dans la rue parviennent-ils à s’en sortir alors que, pour d’autres, la rue constitue une voie sans issue ? Comment faire, après s’être approprié une identité en marge, pour se reconnaître et être reconnu comme parent, employé, étudiant, citoyen comme les autres ? Quel rôle jouent les manifestations de (non-) reconnaissance de la famille de ces jeunes, de leurs amis de rue, de leurs voisins, d’un sugar daddy, du marché de l’emploi, de l’école, des intervenants sociosanitaires, des policiers ou d’autres acteurs significatifs à leurs yeux ? Qu’est-ce qui peut expliquer que des voies de sortie conviennent à certains jeunes alors qu’elles n’ont aucun sens pour d’autres ?

À partir d’une approche interactionniste, complétée par des apports de la psychanalyse, l’auteure propose de considérer la sortie de la rue comme un processus paradoxal de repositionnement identitaire, traversé par des dynamiques de reconnaissance. Privilégiant le point de vue des jeunes qui sont sortis de la rue, cet ouvrage illustre la variété des trajectoires de sortie à partir des exemples de quatre cas. Ces cas rendent explicite la cohérence des trajectoires de sortie à la lumière des attentes de reconnaissance des jeunes, de leur vécu de rue et des relations parentales qu’ils ont connues durant l’enfance. Les résultats présentés montrent que l’appropriation de la marge ne serait pas si opposée à un désir de normalité qu’on pourrait le croire. Mais ils indiquent également que les efforts de plusieurs jeunes pour s’en sortir demeurent précaires. D’où l’importance de maintenir des ponts entre la marge et le centre.


 

Sélection proposée parLaurence Wyss, bibliothécaire, Haute Ecole fribourgeoise de travail social

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