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Les albums photos

Quand les pères prennent soin des enfants

14.09.2017

Des scènes quotidiennes avec des bambins... Mais au lieu de montrer des mères, le photographe Johan Bävman se focalise sur les pères. La démarche de MenCare vise à casser le cliché du pater familias et à révéler une autre réalité sociale en Suisse.

Le mandataire. Le portfolio suisse de Johan Bävman a été mandaté par Männer.ch et son programme national MenCare. Ce projet a pour ambition de promouvoir l’engagement des pères et la participation des hommes dans le domaine des soins (care), qu’il s’agisse des soins en général ou des soins spécifiques aux enfants. Par son orientation participative et ses douze ans d’activité dans le pays, le programme promeut une actualisation des anciennes représentations de la famille. MenCare est officiellement lancé en Suisse romande le lundi 2 octobre 2017 (en savoir plus).

Le photographe. Johan Bävman, suédois, a réalisé «Swedish Dads» en 2015. Comme nouveau père, Johan cherchait des informations et des conseils sur la façon d’être un père impliqué, en particulier dans les premiers mois de la vie de l’enfant. Il n’a pas trouvé grand-chose, sauf peut-être des photos de banques d’images qui montraient des scènes factices et photogéniques. Le quotidien d’un parent avec son enfant n’est pas aussi lisse et il a ainsi décidé de partir à la rencontre des pères réels. Son travail a été primé en Suède et fait l’objet d’un beau livre. En 2016, il a parcouru la Suisse alémanique pour réaliser «Swiss Dads» sur mandat de MenCare. Qui sait, peut-être pourra-t-il réaliser un «Suisse romande Dads» ?

Le portfolio suisse. Ces instantanés ont été photographiés chez des pères suisses en 2016.

  • Adrian. Informaticien, il s’occupe de sa fille un jour par semaine. «Comme nous passons chacun des jours entiers seuls avec notre fille, nous pouvons échanger d’égal à égal.»
  • Adriano. Educateur social et homme au foyer depuis un an, il garde sa fille toute la semaine, régulièrement aidé par le garçon de jour Ryan. «L’expérience de l’éducation des enfants, des tâches familiales et domestiques amène une sérénité supérieure, une vision panoramique, la sagesse et la maturité. Aucune école de management au monde ne peut vous apprendre ça.»
  • David. Développeur de logiciels, il garde ses trois enfants un jour par semaine. «Les enfants sont directs. Rire et pleurer s’alternent. Cela demande beaucoup plus que les rapports ‘civilisés’ entre adultes.»
  • Dominic. Etudiant, il partage la garde de sa fille avec sa partenaire à parts égales. «J’ai grandi sans père. C’est pourquoi la paternité est pour moi comme découvrir un sens, que j’ai toujours eu en moi, mais qui ne s’était jamais développé.»
  • Fabian. Chargé de communication et membre de la direction d’une brocante bâloise, il garde ses trois enfants trois jours par semaine. «Devenir père a signifié pour moi d’atteindre mes propres limites, apprendre à gérer la frustration et la colère, à voir la perspective de l’enfant, à devenir flexible dans le quotidien et à clarifier des questions de fond à deux.»
  • Fritz. Mécanicien et éducateur social, il garde sa fille quatre jours par semaine. «Apprendre, apprendre, apprendre. Ce temps que je passe pour la première fois avec ma fille est pour moi incroyablement important. Il constitue pour nous deux le fondement de notre relation, qui va durer toute une vie.»
  • Kilian. Assistant d’opération, il garde ses trois filles trois jours par semaine. «Je veux prendre part à leur éducation et pas seulement être là le soir et manquer toute la journée. C’était une condition pour nous dès le début.»
  • Ndiasse. Cuisinier, il garde son fils la moitié de la semaine. «Je suis avec lui, on joue, on mange, on sort voir les autres enfants et on rigole avec eux. Il est important de passer du temps avec son enfant parce qu’il doit te connaître.»
  • Pietro. Enseignant et journaliste, il partage la prise en charge de ses deux enfants avec sa partenaire. «Une société dans laquelle les hommes sont plus présents dans l’éducation et les travaux domestiques est la base de l’égalité.»
  • Robert. Mathématicien, il garde ses trois enfants un jour par semaine. «Lors de la première grossesse de ma femme, ce fut le grand bouleversement. En fait, c’est étonnant qu’il n’existe pas de mot propre pour décrire ce moment: on renonce à tellement de choses, des ‘libertés’, qui étaient très importantes jusqu’à cet instant-là. Au moins pour les deux prochaines décennies.»
  • Samuel. Diacre, il garde son fils un jour par semaine. «Se décider pour quelque chose à long terme comme fonder une famille s’oppose en quelque sorte à l’époque actuelle.»
  • Simon. Maître peintre, il garde ses deux enfants un jour par semaine. «Le quotidien avec les enfants, c’est toujours le ici et maintenant. Ma vie est devenue plus légère, peut-être parce que maintenant tout me paraît avoir plus de sens.»
  • Thierry. Maître brasseur et depuis trois ans homme au foyer, il garde ses deux enfants toute la semaine. «Les connaissances qu’on acquiert à la maison ou en s’occupant des enfants peuvent être réinvesties dans le monde du travail, et inversement.»


MenCare

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