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Un rapport du Centre suisse de pédagogie spécialisée invite le canton à consolider son modèle intégratif, sans retour généralisé vers des structures séparatives.
© Artem Podrez / pexelsLe Conseil d’État valaisan a transmis au Grand Conseil un rapport consacré à l’école intégrative et inclusive dans le canton. Mandaté par le Département de l’économie et de la formation à la suite d’un postulat PLR/FDP déposé en 2024, le Centre suisse de pédagogie spécialisée (CSPS) y dresse un état des lieux de l’école obligatoire valaisanne et formule trois recommandations pour son évolution.
Signé par Romain Lanners, directeur du CSPS, le document ne constitue pas une étude scientifique sur l’efficacité ou l’efficience du modèle valaisan. Son objectif est de proposer une photographie de la situation à l’automne 2025. Il repose sur une analyse documentaire et statistique, ainsi que sur cinquante entretiens semi-structurés menés en français et en allemand auprès de partenaires de l’école obligatoire.
Le constat central est double. D’une part, le Valais réalise une des plus grandes intégrations scolaires en Suisse. D’autre part, ce résultat est obtenu avec des ressources limitées. Selon le rapport, le canton connaît des classes plus grandes que la moyenne suisse, un taux d’encadrement plus bas et les frais de personnel par élève les moins élevés du pays. Le taux de séparation y est de 1,2%, tandis que 14,7% du personnel enseignant relève de la pédagogie spécialisée, de la logopédie, de la psychomotricité ou de l’enseignement pour élèves de langue étrangère.
Le CSPS relie cette situation à une tradition cantonale ancienne. Avec le Tessin, le Valais fait partie des premiers cantons à s’être dotés d’un cadre législatif pour l’intégration scolaire. Le rapport souligne aussi le rôle de l’ancrage local : dans les cantons de montagne, la scolarisation dans les écoles du village ou du quartier s’est développée comme alternative à des écoles spécialisées souvent éloignées du domicile.
Cette organisation atteint toutefois ses limites. Le rapport estime que les ressources allouées à l’école obligatoire valaisanne ont baissé, en proportion du produit intérieur brut cantonal, au cours des quinze dernières années. Il relève aussi que les enveloppes budgétaires récentes ne suivent ni l’évolution du nombre d’élèves ni celle des besoins de soutien. Dans ce contexte, le CSPS avertit que des économies dans l’école obligatoire ou la pédagogie spécialisée pourraient déstabiliser le système et accroître, à terme, le recours à la séparation.
Le débat est aussi marqué par les situations d’élèves présentant des comportements difficiles, agressifs ou violents. Les personnes interrogées par le CSPS font état d’une hausse de leur nombre et de leur gravité, tout en soulignant que des statistiques manquent à ce sujet. Le rapport précise que les établissements valaisans ne sont pas tous touchés de la même manière et que les causes de ces comportements sont hétérogènes.
Pour ces situations, le CSPS recommande notamment la création de places de prise en charge stationnaire de crise, actuellement manquantes, destinées à accueillir temporairement des élèves ou jeunes en souffrance ou en crise. Ces dispositifs supposeraient une collaboration entre les domaines de la formation, de la santé et du social.
Le rapport écarte en revanche l’idée selon laquelle l’école inclusive impliquerait que tous les élèves restent en permanence dans une même classe. Il rappelle que les réponses peuvent prendre plusieurs formes : intégration en classe ordinaire avec ou sans soutien, soutien limité dans le temps hors de la classe, en individuel ou en petits groupes, ou scolarisation partielle dans une classe particulière avec participation à la vie scolaire générale.
Trois orientations sont proposées. La première consiste à évaluer et allouer les moyens nécessaires. La deuxième vise à rendre les ressources plus agiles, notamment par des mesures collectives, du travail en petits groupes et une mutualisation des soutiens. Le CSPS précise que cette mutualisation ne doit pas être comprise comme une mesure d’économie, mais comme une manière d’augmenter l’efficacité pédagogique et l’efficience budgétaire.
La troisième recommandation porte sur la montée en compétences de l’école valaisanne. Le rapport appelle à renforcer la collaboration entre pédagogie ordinaire et pédagogie spécialisée, le travail en équipes pluridisciplinaires et le coenseignement, y compris dans les formations initiales et continues.
Au-delà du cas valaisan, le rapport pose une question d’organisation publique : comment maintenir une école intégrative lorsque les besoins se diversifient et que les ressources ne suivent pas au même rythme ? Pour le CSPS, le débat ne porte plus sur le principe de l’intégration scolaire, mais sur les conditions concrètes de sa mise en œuvre.
(Source : communiqué de presse)
Lire le rapport « Analyse de l’état actuel de l’école intégrative/inclusive en Valais »

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