Go Top

Entre normes et santé: les mères face aux vaccins

Lundi 14.07.2025
stdClass Object ( [id] => 45 [asset_id] => 1139 [field_type] => textarea [name] => article_copyright [label] => Copyright [description] => [isfilter] => 0 [isadvfilter] => 0 [iscore] => 0 [issearch] => 1 [isadvsearch] => 0 [untranslatable] => 0 [formhidden] => 0 [valueseditable] => 0 [edithelp] => 2 [positions] => [published] => 1 [attribs] => {"use_ingroup":"0","allow_multiple":"0","add_position":"3","max_values":"0","required":"0","default_value":"","default_value_use":"0","validation":"RAW","auto_value":"0","auto_value_code":"fields;\r\nif ( !isset($F['fieldname01']) ) return array('fieldname01 field not found');\r\n\r\n$vals = array();\r\nforeach($F['fieldname01']->postdata as $i => $v)\r\n{\r\n $vals[$i] = 'Auto : ' . $v;\r\n}\r\n\r\nreturn $vals;","display_label_form":"1","label_form":"","no_acc_msg_form":"","use_html":"1","placeholder":"","maxlength":"","rows":"3","cols":"80","editor":"","width":"98%","height":"150px","show_buttons":"0","import_fv_remap_mode":"0","import_fv_remap":"","import_fv_ccode_mode":"0","import_fv_ccode":"parameters->get('some_param');\r\n\r\nforeach($values as $i => $v)\r\n{\r\n $values[$i] = 'Example ' . $i . ' : ' . $v;\r\n}\r\n\r\nreturn $values;","display_label":"1","show_acc_msg":"0","no_acc_msg":"","include_in_csv_export":"0","csv_strip_html":"0","viewlayout":"default","lang_filter_values":"0","encode_output":"0","clean_output":"0","cut_text_catview":"0","cut_text_length_catview":"200","cut_text_display_catview":"0","cut_text_display_btn_icon_catview":"icon-paragraph-center","cut_text_display_btn_text_catview":"...","prx_sfx_open_close_configs":"","remove_space":"0","pretext":"","posttext":"","separatorf":"1","opentag":"","closetag":"","trigger_onprepare_content":"0","trigger_plgs_incatview":"0","microdata_itemprop":"","useogp":"0","ogpusage":"1","ogpmaxlen":"300","display_label_filter":"2","display_filter_as":"1","display_label_filter_s":"2","display_filter_as_s":"1","editorarea_per_tab":"0","start_of_tabs_pattern":"","end_of_tabs_pattern":"","start_of_tab_pattern":"","end_of_tab_pattern":"","title_tab_pattern":"","force_beforetabs":"1","force_aftertabs":"1","allow_tabs_code_editing":"1"} [checked_out] => 0 [checked_out_time] => 0000-00-00 00:00:00 [access] => 1 [ordering] => 42 [has_access] => 1 [item_id] => 14355 [value] => Array ( [0] =>

©  Flashizzle/peopleimages.com/ Adobe Stock

) [parameters] => Joomla\Registry\Registry Object ( [data:protected] => stdClass Object ( [use_ingroup] => 0 [allow_multiple] => 0 [add_position] => 3 [max_values] => 0 [required] => 0 [default_value] => [default_value_use] => 0 [validation] => RAW [auto_value] => 0 [auto_value_code] => fields; if ( !isset($F['fieldname01']) ) return array('fieldname01 field not found'); $vals = array(); foreach($F['fieldname01']->postdata as $i => $v) { $vals[$i] = 'Auto : ' . $v; } return $vals; [display_label_form] => 1 [label_form] => [no_acc_msg_form] => [use_html] => 1 [placeholder] => [maxlength] => [rows] => 3 [cols] => 80 [editor] => [width] => 98% [height] => 150px [show_buttons] => 0 [import_fv_remap_mode] => 0 [import_fv_remap] => [import_fv_ccode_mode] => 0 [import_fv_ccode] => parameters->get('some_param'); foreach($values as $i => $v) { $values[$i] = 'Example ' . $i . ' : ' . $v; } return $values; [display_label] => 1 [show_acc_msg] => 0 [no_acc_msg] => [include_in_csv_export] => 0 [csv_strip_html] => 0 [viewlayout] => default [lang_filter_values] => 0 [encode_output] => 0 [clean_output] => 0 [cut_text_catview] => 0 [cut_text_length_catview] => 200 [cut_text_display_catview] => 0 [cut_text_display_btn_icon_catview] => icon-paragraph-center [cut_text_display_btn_text_catview] => ... [prx_sfx_open_close_configs] => [remove_space] => 0 [pretext] => [posttext] => [separatorf] => 1 [opentag] => [closetag] => [trigger_onprepare_content] => 0 [trigger_plgs_incatview] => 0 [microdata_itemprop] => [useogp] => 0 [ogpusage] => 1 [ogpmaxlen] => 300 [display_label_filter] => 2 [display_filter_as] => 1 [display_label_filter_s] => 2 [display_filter_as_s] => 1 [editorarea_per_tab] => 0 [start_of_tabs_pattern] => [end_of_tabs_pattern] => [start_of_tab_pattern] => [end_of_tab_pattern] => [title_tab_pattern] => [force_beforetabs] => 1 [force_aftertabs] => 1 [allow_tabs_code_editing] => 1 ) [initialized:protected] => 1 [separator:protected] => . ) [display] =>

©  Flashizzle/peopleimages.com/ Adobe Stock

[raw_values] => Array ( [0] =>

©  Flashizzle/peopleimages.com/ Adobe Stock

) [basic_texts] => Array ( ) )

Les mères sont souvent tenues responsables des choix de vaccination pour leur(s) enfant(s). Une étude analyse comment leur hésitation s’ancre dans des dynamiques de pouvoir, les normes de genre et les limites du consentement en santé.

Par Elyn Berney et Hermance Chanel, master en psychologie de la santé, Université de Lausanne

Décider de vacciner son enfant n’est pas un choix uniquement individuel, mais partiellement façonné par des tendances socioculturelles souvent invisibilisées, telles que la santéisation et les responsabilités intimes. Toutefois, ce choix est généralement perçu comme déterminé principalement par la volonté des représentant·es légaux·ales, tenu·es responsables de la santé de leur(s) enfant(s). Cependant, cette charge repose particulièrement sur les mères, en raison des normes de genre et des responsabilités intimes (Riley et al., 2019).

Trois concepts

Certaines études sur le sujet de l’hésitation vaccinale (HV) cherchent à comprendre les motivations individuelles et à changer ces comportements. Pour cet article, résumé d’un travail de mémoire en psychologie de la santé, nous avons décidé d’étudier de manière contextualisée l’HV des parents à l’égard de leurs enfants et plus particulièrement celle des mères, souvent tenues responsables des pratiques de soin et de santé des enfants. Pour cela, trois concepts théoriques ont été mobilisés : le consentement en santé (Vansweevelt & Glover-Thomas, 2020), la santéisation (Crawford, 1980) et les responsabilités intimes (Riley et al., 2019).

Parallèlement à cela, selon les normes sociales actuellement encore en vigueur, adopter le rôle de mère est encore valorisé socialement et reste considéré comme une voie privilégiée permettant aux femmes d’atteindre le bonheur (Riley et al., 2019). Ainsi, le soin des enfants — notamment leur vaccination — devient une obligation morale à la charge des mères dont l’accomplissement est socialement valorisé ou, au contraire, sanctionné, selon leur décision. L’autonomie de cette décision dépend aussi du·de la professionel·le de la santé, soulevant ainsi les limites du consentement informé en santé (Vansweevelt & Glover-Thomas, 2020).

Identifier des schémas récurrents

Afin d’étudier comment l’hésitation vaccinale des mères pour leur(s) enfant(s) s’inscrit dans les enjeux et les limites du consentement en santé, de la santéisation et des responsabilités intimes dans le canton de Vaud, un projet doctoral [1] portant sur l’hésitation vaccinale des parents pour leurs enfants en Suisse Romande a été mené. Ce travail considère que les connaissances sont produites à travers les discours et les systèmes de sens dans lesquels les individus évoluent, comme expliqué par Braun et Clarke (2013). Dans le mémoire de master qui en découle, une approche socio-constructiviste a été adoptée. Cette posture critique consiste à reconnaître l’existence des relations de pouvoir, impliquant alors que certains comportements sont légitimés ou marginalisés selon l’appartenance à un groupe (Burr, 2015).

Le projet de recherche initial s’inscrit dans une méthodologie qualitative et comprend dix-neuf entretiens menés en Suisse romande. Dans la présente étude, nous avons mené des analyses qualitatives sur seize de ces entretiens — quinze mères et un père [2] — dont les données ont été récoltées dans le canton de Vaud, en mobilisant une analyse thématique réflexive (Braun et Clarke, 2019). L’utilisation de cette méthode offre une description approfondie des données et permet leur interprétation en fonction des axes de recherche retenus (Braun & Clarke, 2006). Elle met également en avant le rôle actif des chercheur·euses dans la construction des thèmes et favorise l’identification et l’analyse des schémas récurrents (Braun & Clarke, 2006 ; Braun & Clarke, 2019).

A partir de la relecture de l’ensemble des entretiens, des codes ont été créés, puis regroupés en six thèmes et sous-thèmes distincts. Trois thèmes ont été retenus comme particulièrement pertinents pour questionner l’hésitation vaccinale : (1) les relations avec les professionnel·les biomédicaux·ales, (2) les représentations et (3) la charge des mères.

Trois définitions

Responsabilité intime : concept développé par Riley et al. (2019) qui inclut différents comportements de santé réalisés par les mères, souvent destinés à leur(s) enfant(s) ou plus largement à leur famille, notamment le soin pendant la grossesse.

Santéisation : concept développé entre autres par Crawford (1980) amenant à percevoir la santé comme un levier essentiel au bien-être des individus.

Consentement en santé : concept développé par Vansweevelt et Glover-Thomas (2020) définissant le consentement comme étant dépendant des professionnel·les de la santé soignant les patient·es.

Le poids des normes

Notre travail propose d’explorer l’hésitation vaccinale des mères comme une stratégie d’adaptation face à une pression normative et un contexte contraignant, auxquels il est difficile de répondre pleinement.

Pour cela, les mères ont été amenées à s’informer sur l’HV au travers d’une diversité de sources d’informations, parfois contradictoires, et ont assumé la responsabilité d’apprendre comment soigner et protéger leur(s) enfant(s) au quotidien, face aux maladies actuelles ou futures. Dans ce cadre, la responsabilité intime de contrôle de la santé des enfants est socialement construite comme allant de soi et étant à la charge des mères. De ce fait, elles ressentent un fort sentiment de culpabilité et font l’objet de jugements lorsqu’une tâche de soin n’est pas suffisamment bien accomplie.

D’après nos analyses des récits, les pères adoptent une posture plus passive tout en conservant un poids décisionnel concernant les choix en santé. Ainsi, ils exercent une forme de pouvoir à l’égard de la santé des enfants, tout en étant moins exposés aux contraintes associées. Par exemple, à partir des récits des participantes, nous remarquons que la plupart des pères s’implique peu dans les réflexions de santé (ou à un bien moindre niveau que les mères) ou dans les soins quotidiens, mais conservent souvent un rôle déterminant dans la prise de décision finale. De plus, les pères ne subissent que très peu de sanctions normatives, par exemple de commentaires négatifs de la part d’autres parents, de remise en question de leurs décisions ou de jugement en lien avec les choix de santé pour leur(s) enfant(s), qu’ils aient participé ou non aux décisions de vaccination.

Les normes et les attentes liées à la santé, perçues comme buts à atteindre dans la vie (Crawford, 1980), plus spécifiquement celle des femmes (Riley et al., 2019), ainsi que les contraintes structurelles des responsabilités intimes maternelles s’avèrent invisibilisées dans les récits analysés. L’hésitation vaccinale est dès lors interprétée comme un choix individuel, occultant les pressions systémiques sous-jacentes.

Pour améliorer la prise en charge des questions vaccinales et permettre un meilleur consentement dans les choix de santé, les participantes considèrent essentiel d’établir des relations horizontales avec les professionnel·les de santé et d’échanger avec elles·eux sur la base d’un partage mutuel de savoirs. Elles souhaitent que les soins prodigués à leurs enfants soient adaptés à la fois aux besoins spécifiques de ces derniers et aux contraintes qu’elles rencontrent en tant que mères. De plus, la plupart des participantes souhaitent que les discussions soient entamées par les professionnel·les.

Cependant, les participantes constatent que les informations fournies par ces les professionnel·les sont parfois lacunaires ou perçues comme erronées, par exemple, lorsqu’elles et ils indiquent que certains vaccins sont obligatoires pour l’école, ce qui pour rappel n’est pas le cas dans le canton de Vaud. Elles s’attendent à recevoir des informations correctes et à être soutenues dans leurs réflexions autour de la vaccination.

L’HV des mères peut s’expliquer par les informations reçues et recherchées concernant la vaccination. Les mères hésitent notamment lorsque les informations qu’elles obtiennent se contredisent. Certaines se retrouvent dans une situation où prendre une décision devient trop anxiogène et difficile, les laissant donc dans l’hésitation constante concernant la (non-) vaccination.

Il est intéressant de souligner ici que les mères portent une grande importance aux émotions que leur(s) enfant(s) et elles-mêmes ressentent à l’égard des professionnel·les de santé. Selon elles, un lien émotionnel positif est nécessaire pour créer une relation de confiance et par la suite pour consentir. De plus, les échanges de connaissances avec les professionnel·les de santé sont essentiels pour réduire les inégalités de genre dans la répartition des tâches. En effet, la responsabilité de réflexion reste souvent à la charge des mères. Au contraire, les relations hiérarchiques, « l’aura de la blouse blanche », le manque de confiance, le jugement de la part des professionnel·les, le manque d’échanges de connaissances, et le contexte de travail restrictif des professionnel·les, entravent le consentement et la prise de décisions des mères. Certaines mères, ayant perdu confiance dans le système médical notamment à la suite de situations non consenties, se méfient d’autant plus de l’intérêt des vaccins et se retrouvent dans une situation stressante où prendre une décision et consentir de manière libre et éclairée concernant la vaccination est difficile. Notre étude montre ainsi que les relations entre professionnel·les et patient·es sont déterminantes pour permettre un consentement libre et informé concernant les choix de santé, notamment la vaccination.

Vers des relations plus égalitaires

Ce travail de mémoire offre une lecture contextualisée de l’hésitation vaccinale maternelle sans la réduire à une problématique individuelle. Il souligne la nécessité de responsabiliser les professionnel·les de santé dans la création de relations plus égalitaires et transparentes, d’encourager l’implication active des pères dans la santé de leur(s) enfant(s), et de repenser les structures du système de santé afin de mieux accompagner les familles.

L’hésitation vaccinale ne peut pas être uniquement réduite à un processus cognitif et émotionnel, mais s’inscrit dans un ensemble complexe de déterminants relationnels et contextuels. Cette approche permet ainsi de déconstruire la responsabilisation excessive des mères en tenant compte du cadre social qui les entoure.

Bibliographie

[1] Projet doctoral de Chloé Michoud. La recherche a été soumis à la Commission d’éthique de la recherche de la Faculté des Sciences sociales et politiques et a obtenu l’approbation de la commission en août 2022 (N° de projet E_SSP_072022_00001).

[2] Pour ce travail, nous avons décidé d’utiliser le féminin générique pour parler des participantes. En effet, notre échantillon étant composé principalement de femmes, nous avons jugé plus pertinent de féminiser l’ensemble de nos phrases, en utilisant notamment le terme « mère » pour parler de l’ensemble des participantes.


Lire également :

Comment citer cet article ?

Elyn Berney et Hermance Chanel, «Entre normes et santé: les mères face aux vaccins», REISO, Revue d'information sociale, publié le 14 juillet 2025, https://www.reiso.org/document/14355

L'affiche de la semaine

Choix utilisateur pour les Cookies
Nous utilisons des cookies afin de vous proposer les meilleurs services possibles. Si vous déclinez l'utilisation de ces cookies, le site web pourrait ne pas fonctionner correctement.
Tout accepter
Tout décliner
Analytique
Matomo
Statistiques de visites du site
Sauvegarder