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Pionnier du travail social, Claude Pahud s’est éteint

Jeudi 16.11.2017

Le monde romand du travail social est en deuil. Claude Pahud, fondateur de l’école qui a longtemps porté son nom, est décédé quelques jours avant son 93e anniversaire.

Claude PahudClaude Pahud © DRFils d’instituteurs, très tôt engagé dans le scoutisme, licencié ès sciences pédagogiques, chef speaker à Radio-Lausanne, marié à une assistante sociale diplômée de l’Ecole sociale de Genève, profondément humaniste, Claude Pahud a plus que relevé le défi d’ouvrir un Centre de formation d’éducateurs pour l’enfance et l’adolescence inadaptées, première école du genre en Suisse romande. Sous sa direction, entre 1954 et 1988, la profession d’éducateur spécialisé s’est profondément transformée et il a été un artisan essentiel de ces changements. Quelques citations :

«Un ami à moi dit que l'éducateur d'aujourd'hui est né des œuvres coupables du gardien de prison et de la bonne sœur. Cela traduit les deux composantes de la vision de l'époque: d'un côté la correction, de l'autre la charité. Une charité qui fait frémir aujourd'hui…»

«Dans les années 50, la formule en vigueur était celle d’«enfance inadaptée». Dans le mot ‘inadapté’, il y avait une promesse de changement. Aujourd'hui, le terme est à son tour devenu obsolète. On parle de ’personnes en difficulté’, ou de ‘personnes ayant un handicap’: cela marque la volonté de reconnaître la personne d'abord, avant son problème.»

«Dans les années 50, une des grandes nouveautés fut de reconnaître la nécessité pour les enfants de garder une relation avec leurs parents. Jusque-là, on faisait tout pour couper les ponts, les parents des pensionnaires étant forcément mauvais. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que l'on ne tienne plus les parents pour coupables. Mais on les considère comme des agents obligés du cheminement de l'enfant.»

Claude Pahud était membre du Parti libéral. Il a été député au Grand Conseil qu’il a présidé un an. Personnage estimé, un Plans Fixes lui a été consacré en 2008. On y apprend qu’en 1984, aux trente ans de l’école, certains libéraux lui ont reproché de «former des gauchistes». Il rétorque: «Si c’est être gauchiste de percevoir l’importance des phénomènes sociaux qui peuvent être à la base des difficultés des gens, alors je suis gauchiste.»

L’«Ecole Pahud», comme de nombreuses personnes l’appellent encore, a depuis lors changé de nom à deux reprises, d’Ecole d’études sociales et pédagogiques, ou EESP, elle est devenue aujourd’hui la Haute école de travail social et de la santé, intégrée aux Hautes écoles spécialisées de Suisse occidentale.


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