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Coûts de la santé: le rôle limité de l’assurance maladie 

Mardi 14.04.2026

Trente ans après l’entrée en vigueur de la LAMal, un policy brief d’Unisanté montre que l’organisation de l’assurance maladie influence de manière limitée la maîtrise des coûts des soins. Ce constat interroge les réformes centrées sur les primes. 

 

actualite policy brief unisante 2026 reiso 400© Negative Space / Pexels

Alors que la hausse des primes alimente les débats, un policy brief d’Unisanté propose d’éclairer les enjeux : selon cette analyse, l’organisation de l’assurance maladie influence de manière limitée la maîtrise des coûts des soins.  

Trente ans après l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur l’assurance-maladie, cette étude examine les effets de l’assurance obligatoire des soins sur trois objectifs : l’accès aux soins, la solidarité et la maîtrise des coûts. Le système repose sur une assurance obligatoire, des primes indépendantes du risque individuel et une gestion confiée à des assureurs en concurrence dans un cadre régulé. Le financement des soins est assuré à environ 66% par les assureurs, 24% par les pouvoirs publics et 10% par les assuré·es. 

Une influence limitée sur la maîtrise des coûts 

Le document montre que l’organisation de l’assurance-maladie a un impact limité sur la maîtrise des coûts. Les frais administratifs, directement liés à cette organisation, représentent environ 5% des dépenses de santé. Les coûts des soins, qui en constituent près de 95%, dépendent de multiples facteurs qui ne sont pas directement liés à la manière dont l’assurance est organisée. 

Ces résultats nuancent les liens souvent établis entre organisation de l’assurance et hausse des coûts. L’analyse souligne que les coûts des soins dépendent notamment d’autres dimensions, en particulier la régulation de l’offre de soins. 

Accès aux soins et solidarité fragilisés 

L’accès aux soins repose principalement sur l’obligation d’assurance, qui permet de mutualiser les risques à l’échelle de la population. Toutefois, la participation directe aux coûts peut constituer un obstacle pour certaines personnes. En Suisse, jusqu’à 20% des assuré·es renoncent à des soins pour des raisons économiques. 

La solidarité dépend principalement des modalités de financement. Le poids des primes individuelles, indépendantes du revenu, ainsi que la participation directe aux coûts, en limitent la portée. Cette configuration génère une pression de plus en plus forte, en particulier pour les ménages ne bénéficiant pas de subsides. 

Les limites d’une approche centrée sur les primes 

Dans un contexte de hausse continue des coûts, le policy brief met en garde contre une focalisation sur les primes d’assurance. Une telle approche risque d’occulter d’autres objectifs du système, notamment l’accès aux soins et la solidarité. 

Le document souligne l’importance d’élargir le débat aux facteurs qui influencent les coûts des soins, ainsi qu’au rôle de la promotion et de la prévention de la santé. Ces dimensions restent marginales au regard des montants consacrés aux soins. 

En clarifiant les liens entre organisation de l’assurance et objectifs du système, cette analyse vise à clarifier les déterminants des coûts des soins. 

(CROC, avec unisanté) 

Référence 

Grandchamp, Chantal ; Spycher, Jacques (2026). Les grands principes de l’assurance maladie en Suisse. Unisanté, policy brief. 

Lire le policy brief 

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