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Homophobie : constater, sensibiliser ET agir

Mercredi 29.07.2009

Les Premières Assises contre l’homophobie ont eu lieu les 4 et 5 septembre 2009 à Genève. La Fédération genevoise des associations LGBT présente la démarche et les objectifs de cette vaste opération.

Par Collectif, Fédération genevoise des associations LGBT

En Suisse, malgré l’évolution des mentalités et du cadre législatif, de nombreux jeunes éprouvent encore aujourd’hui un réel mal-être quand ils découvrent et ont à assumer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Dans le cadre scolaire, professionnel et familial, lors d’activités sportives et de loisirs, sur l’Internet, ils ont encore à faire face à l’homophobie. Violences verbales et physiques, mises à l’écart, mépris silencieux : cette discrimination ordinaire a des conséquences néfastes sur leur vie socio-professionnelle et leur santé.

Comportements à risque, abus de substances (tabac, alcool, drogue, etc.), relations sexuelles non protégées, états anxieux voire dépressifs, suicide : le mal être des jeunes homosexuel∙le∙s est confirmé par les chiffres. Les résultats des enquêtes « Santé gaie » réalisées à Genève en 2004 et 2007 montrent en effet que les jeunes LGBT souffrent deux fois plus de dépression que les autres groupes de jeunes et ont 3 à 5 fois plus de risque de tenter de se suicider. Ils confirment les résultats d’autres enquêtes suisses et étrangères. L’homophobie et ses conséquences constituent donc un réel problème de santé publique dont il est urgent de prendre la mesure.

Des professionnel∙le∙s démuni∙e∙s

Toute stratégie d’action visant à lutter contre le mal être des jeunes LGBT doit prévoir d’agir à deux niveaux. L’environnement social d’une part, en travaillant à une meilleure acceptation de la diversité sexuelle par les familles, le milieu scolaire et la société dans son ensemble et en luttant de manière active et soutenue contre toute forme d’homophobie. Au niveau de la personne d’autre part, en aidant les jeunes eux-mêmes à accepter leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, à renforcer leur confiance en eux-mêmes et leur capacité à réagir positivement face aux situations difficiles qu’ils ne manqueront pas de rencontrer.

Dans ce combat, les enseignant∙e∙s, les éducateurs∙trices, tous les acteurs en contact avec la jeunesse qui ont à faire face au questionnement des jeunes placés sous leur responsabilité sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ou au comportement homophobe à leur égard se sentent malheureusement souvent totalement démuni∙e∙s.

Le manque d’outils pédagogiques et de ressources à disposition ainsi que la crainte que leurs actions soient mal interprétées les laissent souvent désarmé∙e∙s face à ce problème et les contraignent au silence et à l’inaction. Dans cette logique, un autre malaise souvent ignoré est celui des professionnel∙le∙s de la jeunesse homosexuel∙le∙s qui ont à dissimuler leur orientation sexuelle ou leur identité de genre par crainte d’être stigmatisé∙e∙s par certains jeunes ou certains parents, de faire l’objet de discrimination ou de se voir accusé∙e∙s de prosélytisme. Cette situation repose sur une double confusion : l’amalgame couramment observé entre homosexualité et pédophilie et la croyance répandue que le processus éducatif puisse jouer un rôle dans la définition de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.

Enclencher une dynamique

Face à l’urgence et malgré ces risques, un certain nombre d’initiatives courageuses et positives ont pourtant été prises dans tous les milieux en contact avec la jeunesse. Il s’agit souvent d’initiatives personnelles, parfois celles d’institutions publiques ou privées. Cependant, au même titre que le sexisme et le racisme, il est temps de mettre en place une dynamique globale en matière de lutte contre l’homophobie.

C’est pour insuffler cette dynamique que sont organisées les premières Assises contre l’homophobie à Genève les 4 et 5 septembre 2009 à Uni Mail. Ces deux journées seront l’occasion de réunir membres de la communauté LGBT, professionnel∙le∙s de la jeunesse, de la police, de la justice, acteurs du milieu artistique, parents et jeunes eux-mêmes pour réfléchir ensemble aux moyens de combattre plus efficacement ces discriminations et d’apprendre à mieux vivre la diversité.

Lire aussi le compte rendu des Assises dans REISO.

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