Go Top

Les inégalités salariales commencent avant la fondation d'une famille

Mercredi 26.06.2019

Dans la revue Social Change in Switzerland, Benita Combet de Daniel Oesch montrent que l'inégalité salariale ne s'explique pas uniquement par la division des tâches au sein de la famille mais commence bien avant.

En Suisse, les salaires des femmes sont en moyenne près de 20% inférieurs à ceux des hommes pour un emploi à plein temps. Cette différence est souvent expliquée par une répartition inégale des tâches au sein du couple. Selon cet argument, l’écart des salaires se creuse après la naissance d’un enfant, quand les hommes se concentrent sur le travail rémunéré et les femmes sur les responsabilités familiales.

Dans une nouvelle étude, Benita Combet et Daniel Oesch montrent que ce n'est que la moitié de la vérité. L’enquête de cohorte TREE et l’Enquête auprès des diplômés des hautes écoles leur permettent de comparer les salaires de plusieurs milliers de jeunes femmes et hommes en Suisse. Leurs résultats montrent que la brèche salariale entre les sexes s’ouvre dès l’entrée sur le marché du travail. Les femmes âgées de 20 à 30 ans qui n'ont pas (encore) d'enfants gagnent entre 4 et 5% de moins que les hommes du même âge – et ceci pour le même niveau de formation, la même expérience professionnelle et la même profession.

Converti en salaire annuel, cela signifie que les jeunes femmes sans enfants reçoivent un demi-mois de salaire de moins que les jeunes hommes sans enfants pour un poste comparable. De toute évidence, la division du travail au sein du ménage des familles n’est pas la seule cause de l'inégalité salariale entre les sexes.

  • Benita Combet et Daniel Oesch (2019), L'inégalité salariale entre hommes et femmes commence bien avant la fondation d’une famille. Social Change in Switzerland, N°18.

L'article

 

L'affiche de la semaine

Agenda social et santé

Dernier article

Le personnel de nettoyage sort de l’ombre
Lundi 16.09.2019
Par Viviane Gonik
Les mouvements de grève se multiplient dans le secteur du nettoyage. Mal reconnu·e·s, de nombreux salarié·e·s de la branche (une majorité de femmes) ont vu leur statut encore précarisé par l’externalisation de leur poste de travail.