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Les nuisances sonores, largement répandues, affectent la santé physique et mentale et accentuent les inégalités sociales. À l’occasion de la Journée contre le bruit, une nouvelle plateforme d’information est lancée.
© Cercle bruit SuisseLe 29 avril marque la Journée contre le bruit. Dans ce cadre, le canton de Genève met en ligne une page d’information consacrée aux nuisances sonores. Accessible via bruit.ge.ch, elle centralise les informations disponibles, présente les mesures publiques en cours et vise à orienter les habitant·es confronté·es à des excès de bruit. Un outil numérique d’orientation doit encore y être intégré.
Souvent réduit à une gêne, le bruit constitue pourtant un enjeu de santé publique. En Europe, selon le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement, plus d’une personne sur cinq est exposée au bruit du trafic à des niveaux considérés comme nocifs pour la santé ; en Suisse, cette proportion concerne environ une personne sur dix. Selon des estimations à l’échelle européenne, l’exposition chronique à ces nuisances est associée à environ 73’000 décès prématurés par an, ainsi qu’à près de 49’000 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires et 23’000 cas de diabète de type 2.
Les nuisances sonores affectent en premier lieu le sommeil. Même sans provoquer de réveil conscient, elles peuvent perturber les phases de repos et en diminuer la qualité. Ces perturbations s’accompagnent de réactions physiologiques, notamment la libération d’hormones de stress, susceptibles d’influencer le système cardiovasculaire et le métabolisme.
Le bruit est également associé à des troubles psychiques. Des travaux récents évoquent un lien avec des cas de dépression et de démence à l’échelle européenne. Le calme apparaît ainsi comme une ressource favorable à la récupération physique et mentale.
En Suisse, les coûts liés au bruit des transports routier, ferroviaire et aérien sont estimés à environ 3 milliards de francs par an. Ce montant comprend environ 1,7 milliard de coûts de santé et 1,3 milliard lié à la dépréciation des biens immobiliers. Ces coûts sont supportés par la collectivité.
Les nuisances sonores présentent aussi une dimension sociale. Les populations disposant de moins de ressources financières sont plus souvent exposées à des environnements bruyants, ce qui peut accentuer les inégalités de santé.
Les autorités rappellent enfin que la réduction du bruit passe en priorité par une limitation des émissions à la source, impliquant à la fois des mesures publiques et des comportements individuels.
(Source : communiqué de presse)
Voir le site de la campagne
Références
Agence européenne pour l’environnement, Environmental noise in Europe 2025, rapport 05/2025.
Office fédéral de l’environnement, « Le bruit, facteur de nuisance pour la santé, l’économie et la société ».

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