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Un rapport genevois documente l’ampleur des violences sexistes, sexuelles et LGBTIQ+phobes subies par les personnes LGBTIQ+ dans tous les contextes de vie, ainsi qu’un recours limité aux dispositifs d’aide.
© TBD Tuyên / Pexels
À Genève, les violences envers les personnes LGBTIQ+ apparaissent à la fois massives et diffuses. Publié le 28 avril 2026, le rapport spécifique de l’enquête Iceberg met en évidence un phénomène systémique, documenté à partir d’un échantillon de 463 personnes adultes.
Dans l’espace public, 93,6% des femmes lesbiennes et bisexuelles, 88,9% des personnes trans et non binaires et 78,5% des hommes gays et bisexuels déclarent avoir subi des violences. Le cadre professionnel est également fortement concerné, avec des taux atteignant 68,9% pour les personnes trans et non binaires. Les espaces privés et numériques complètent ce continuum de violences.
Ces situations ont des effets concrets sur les comportements : 44,5% des personnes concernées déclarent modifier leur manière d’occuper l’espace public à la suite de violences.
Les conséquences dépassent la seule sphère individuelle. Elles affectent la santé physique et mentale, mais aussi les trajectoires de formation, l’insertion professionnelle et l’accès aux espaces de vie.
Parmi les personnes ayant subi des violences en couple, des troubles psychologiques sont rapportés par 51,1% des personnes trans et non binaires, 41,9% des femmes lesbiennes et bisexuelles et 28,5% des hommes gays et bisexuels. Par ailleurs, 22,2% des personnes LGBTIQ+ évoquent des atteintes graves à leur santé mentale. Le harcèlement obsessionnel concerne 54,2% des personnes LGBTIQ+, contribuant à des situations d’isolement.
Ces violences s’inscrivent dans un contexte de discriminations persistantes. Ainsi, 29,6% des hommes hétérosexuels interrogés considèrent comme normal qu’un parent ressente de la déception ou de la colère si son enfant est LGBTIQ+.
Malgré leur gravité, ces violences donnent lieu à un faible recours aux aides formelles. Ainsi, 60,9% des personnes LGBTIQ+ n’ont sollicité aucun soutien après une violence subie dans l’espace public ayant des conséquences sur leur santé ou leur comportement. Lorsqu’une aide est recherchée, elle passe principalement par l’entourage ou par des professionnel·les de la santé.
Le rapport souligne que le réseau institutionnel et associatif ne prend en charge qu’une partie des personnes concernées, mettant en évidence des enjeux d’accès, de lisibilité et de confiance envers les dispositifs existants.
(Source : communiqué de presse)
Voir le Résumé exécutif du Rapport spécifique LGBTIQ+
Voir le Rapport spécifique LGBTIQ+

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