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Décembre 2015 : détour dans les bibliothèques

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Danielle Maltais
Situation de crise, de tragédie ou de sinistre : le point de vue des professionnels de l’intervention sociale
Québec : Presses de l’Université Laval, 2015

Les travailleurs sociaux viennent souvent en aide aux personnes qui vivent des tragédies ou qui sont victimes de catastrophes. Dans de telles circonstances, leur niveau de vulnérabilité est accru puisqu’ils sont en présence de personnes traumatisées ou souffrantes qui vivent d’importantes réactions émotionnelles, dans des contextes d’intervention souvent difficiles et imprévisibles. Des conséquences à la fois négatives et positives peuvent être vécues par ces professionnels. La fatigue de compassion, le stress post-traumatique secondaire (la traumatisation vicariante) et l’épuisement professionnel sont des exemples d’effets négatifs susceptibles d’être vécus par les travailleurs sociaux. Toutefois, intervenir dans de tels contextes peut être également très gratifiant et peut permettre de réaffirmer ses compétences professionnelles, de relativiser l’importance de ses problèmes personnels et de découvrir le pouvoir de la solidarité et de la résilience des individus et des communautés. Les études sur les répercussions de l’engagement des intervenants sociaux lors de situations d’urgence sur leur santé et leur vie personnelle et professionnelle sont encore peu nombreuses. Ce livre vient combler cette lacune en portant sur le vécu et l’état de santé au travail des intervenants sociaux du Québec qui ont été appelés à intervenir en situation de crise, de tragédie ou de sinistre au cours des dernières années.



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Martine Zwick Monney
Les échecs de l’insertion : rouages et engrenages d’un mouvement permanent
Zurich : SEISMO, 2015

Que se passe-t-il dans les dispositifs d’aide à l’insertion lorsque celle-ci n’a pas lieu ? Cet ouvrage invite le lecteur à s’intéresser aux échecs de l’insertion à travers une enquête dans les rouages des dispositifs pour en mettre à jour les engrenages.

C’est le mouvement permanent engendré par le fonctionnement des dispositifs qu’analyse l’auteure : mouvement au niveau des prestations et des outils mis en place, au niveau des bénéficiaires appelés sans cesse à s’activer ainsi qu’au niveau des intervenants sociaux pris en porte-à-faux entre leur mission et la réalité des situations sur lesquelles ils sont censés agir. Ce mouvement a pour conséquence principale l’invisibilisation des échecs de l’insertion - c’est le prix à payer d’un système qui ne peut remettre en question son principe fondateur selon lequel tout le monde est insérable. L’invisibilisation des échecs de l’insertion a ainsi pour fonction de maintenir la cohérence des dispositifs et requiert une adaptation des intervenants sociaux à ces bénéficiaires particuliers que sont les « exclus de l’insertion ».

La question des échecs de l’insertion marque sans aucun doute un tournant dans l’intervention sociale et dans la représentation des individus à la marge. Elle ouvre la réflexion sur les modalités et les limites de l’intégration et invite à questionner le mythe de l’insertion pour tous. A ce titre, cet ouvrage s’adresse aux chercheurs, aux praticiens et plus généralement à qui souhaite mener une réflexion poussée sur l’insertion socioprofessionnelle.



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Maurice Corcos
Qui a peur de la maladie mentale ? : 10 bonnes raisons de se méfier du DSM-5
Paris : Dunod, 2015

Le manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux (DSM-5), bréviaire abrégé de l’être humain, outil d’aide à classer-penser, vient de livrer sa dernière version à destination des « psys » avides de disposer de nomenclature pour mesurer le désarroi humain.

L’auteur développe dix bonnes raisons qui expliquent pourquoi il convient de se méfier de ce manuel qui réduit la vie psychique d’un sujet à quelques formules et codes pour donner l’illusion de la scientificité.

Un antidote à un « prêt à penser » psy qui remplace la réflexion et le travail psychique par la classification, la personne par la pathologie et le sujet par la nomenclature.

Un plaidoyer qui rappelle que l’humain ne peut être réduit à une clinique du mesurable et du rationnel.



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Jean-Claude Montfort
Vieillir, risques et chances : petit traité de psycho-gérontologie
Paris : Lavoisier, 2015

En opposant les risques et les chances, ce livre ne ressemble à aucun autre.

Ni trop dramatique en pointant exclusivement les risques, ni trop angélique en prônant les mérites d’un bien-vieillir.

Découpé en vingt chapitres, répartis en cinq parties, ce livre alterne les risques et les chances en essayant d’échapper au piège des conseils.

L’auteur, neuro-psycho-gériatre, exerce au quotidien auprès des personnes âgées. Il présente un échantillonnage de risques liés au vieillissement tout en gardant à l’esprit que l’allongement de notre durée de vie va de pair avec la probabilité de survenue de l’inattendu et des chances à ne pas perdre.

De petites vignettes servent d’illustrations. Elles sont tirées de la vie quotidienne de personnes âgées anonymes ou retracent des histoires de vie comme celles de Pablo Picasso, Marc Chagall ou André Gide. Des encarts présentent l’avis des experts sollicités.

Les références bibliographiques à la fin de chaque chapitre apportent les données acquises par la science et permettent d’aller plus loin. Ce savoir académique permet de s’assurer d’une réalité ou de détruire un mythe véhiculé sur le vieillissement.

Plusieurs lectures sont possibles. La rédaction et la mise en page ont été pensées pour faciliter une lecture rapide et donner l’envie d’y retourner. À chacun ensuite de choisir son mode de lecture.

Ce livre s’adresse aux professionnels, aux soignants, aux patients et à tous ceux qui ont envie de bien vieillir.



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Isabelle Claude
Le cheval médiateur
Paris : Belin, 2015

Depuis plus de 50 ans, les activités avec le cheval se diversifient et les publics atteints de déficience sont de plus en plus nombreux à fréquenter les centres équestres, souvent à l’initiative de leurs accompagnants. Est-ce pour autant que l’on sait ce qu’est la médiation ?

L’échange entre deux êtres vivants est perpétuellement interactif et renvoie sans arrêt à soi. Tout être vivant se comporte, et le comportement est langage. Si la parole est l’apanage de l’humain, elle vient souvent brouiller les messages envoyés sans conscience. Ce sont pourtant ces messages-là que le cheval reçoit, et ceux auxquels il répond puisqu’il est dans ce type de langage.

Ce qui nous intéresse dans la présence du cheval, ce sont justement ses comportements, ses réactions, ses postures, ses attitudes, les micro-signes qu’il émet ! Il interagit avec son environnement en permanence. Il exprime avec finesse nos doutes, nos inquiétudes, nos maladresses et toutes ces émotions qui sont indicibles même à soi-même !

C’est pour cela qu’il a un rôle prépondérant dans le champ de la médiation et invite l’équicien à décrypter ses langages.

Éducatrice spécialisée en institution pendant plus de 20 ans, cofondatrice en 1997 de l’association Équit’aide en Lorraine, Isabelle Claude est présidente de la Fédération nationale Handi-cheval depuis 2007. Elle milite avec ses pairs, pour une professionnalisation des actions « cheval et handicap ». Formée à l’éthologie scientifique équine, fondatrice du métier d’équicien, elle a mis en place une école à vocation européenne pour former les futurs équiciens.

ndlr Lire aussi « Thérapie avec le cheval et perspectives de soins », Elodie Lévy Gerber et Sandra Massy, Revue REISO, 15 avril 2015



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Anne Dhoquois
Repenser l’aide alimentaire, avec les épiceries solidaires
Paris : HD ateliers Henry Dougier, 2015

Évoquer en France l’aide alimentaire renvoie directement à l’image d’un comique trop tôt disparu et à l’association qu’il a créée. C’est oublier un peu vite qu’il y a différents types d’aides alimentaires et beaucoup d’acteurs impliqués défendant des concepts aussi variés que complémentaires.

À l’A.N.D.E.S., le réseau constitué de 280 épiceries solidaires, le bénéficiaire est un client qui choisit ses produits et participe financièrement à ses achats. Combattre l’assistanat est donc au cœur de la démarche de Guillaume Bapst, le fondateur et directeur du réseau, et de ses équipes. Une première bataille qui en a appelé d’autres : la lutte contre le gaspillage et l’amélioration de l’alimentation des personnes précaires.

Ce livre retrace l’histoire de cette association et de son développement en donnant la parole à ses salariés, bénéficiaires, bénévoles, partenaires… mais aussi à des experts de l’aide alimentaire. Une question aux confluents de plusieurs problématiques, sociales, sanitaires et environnementales.



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Hélène Mathieu
Rebelles et révoltées, mineures derrière les grilles
Pairs : HD ateliers Henry Dougier, 2015

On les appelle « racailles ». Ce sont des mineurs violents qui détruisent, volent, violent parfois. Un juge pour enfants a donné une dernière chance à ces jeunes multirécidivistes en les plaçant dans des centres éducatifs fermés (CEF), pour leur éviter la prison. Plus de cinquante de ces centres jalonnent la France, sans que l’on sache ce qui se passe à l’intérieur.

L’auteur est passée de l’autre côté des grilles d’un CEF pour filles et y a animé pendant trois mois un atelier d’écriture. On croise les équipes, éducateurs, professeurs, psychologue, quotidiennement à leurs côtés pour les aider à avoir un autre projet de vie que les délits. Des professionnels à l’écoute, malgré les résistances, les insultes et les fugues.

Sept jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, suivent les ateliers. Leurs lignes maladroites laissent apparaître des bribes de vie chaotiques.

Une expérience unique, qui permet de poser un autre regard sur les mineures délinquantes, des filles perdues, rebelles, touchantes… Avant tout des adolescentes.



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Peggy Tessier
Le corps accidenté : bouleversements identitaires et reconstruction de soi
Paris : Presses universitaires de France, 2015

Comment donner sens à un accident corporel ? Lorsqu’il est grave et remet en cause l’intégrité du corps, la personne accidentée, l’entourage et les médecins doivent mettre des mots, tenter d’expliquer les causes et penser les conséquences sur une vie à reconstruire.

Mais au-delà des conséquences « pratiques », qu’est-ce qui rend le corps accidenté si insupportable ? L’impact des blessures sur le grand accidenté ouvre un questionnement spécifique. Comment, éprouver le passage d’un corps « normal » à un corps « différent » ? Comment un individu va-t-il pouvoir concilier deux acceptions de son corps, et donc de lui-même, correspondant à un avant et à un après-accident ?

Ce livre s’attache à décrire et à saisir l’expérience particulière de l’accident. L’enjeu est triple : élaborer un questionnement philosophique sur le corps en situation de handicap accidentel ; le situer dans le champ des théories du handicap et des notions d’« identité » et de « reconstruction de soi » ; traiter du corps en tant que support identitaire à la fois « naturel » et « construit », et envisager ainsi de manière renouvelée la question de la représentation et du rapport au corps.



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Muriel Salmona
Violences sexuelles : les 40 questions-réponses incontournables
Paris : Dunod, 2015

Qui sait que 81 % des victimes de violences sexuelles ont subi les premières violences avant l’âge de 18 ans ? Qui sait qu’une femme sur 5 et un homme sur 14 ont subi des agressions sexuelles dans leur vie ? Que plus de 250 000 viols sont commis chaque année en France, essentiellement par des proches et dans tous les milieux sociaux ?

Qui sait que l’impact des violences sexuelles sur la santé des victimes est majeur à court, moyen et long termes ?

Dénoncer les idées fausses, le déni et la loi du silence, demander que les droits des personnes victimes soient respectés, pour qu’elles soient protégées, reconnues et soignées, donner des outils pour mieux les comprendre et en être solidaires, c’est l’objectif de ce livre qui fournit des réponses claires aux questions que personne ne devrait plus se poser, mais aussi aux questions que tout le monde devrait se poser.

Un livre qui éclaire d’un jour nouveau un dossier encore trop souvent tabou.



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Pascal Mallet
L’amitié entre enfants ou adolescents : une force pour grandir
Paris : Armand Colin, 2015

Les relations électives entre enfants ou adolescents sont au cœur de leur vie, prolongement de la famille et ouverture sur un autre monde. Il est vrai qu’arriver à faire sa place parmi les personnes de même âge, au plus tard à partir de trois ans, c’est une exigence des sociétés contemporaines. Comment dès lors ne pas envisager que l’amitié soit une possibilité ou même une nécessité précoce et durable ? Et qu’elle ait potentiellement un impact considérable sur le développement psychologique ?

Pourtant, quel que soit l’âge, bien que l’amitié fasse en quelque sorte partie du paysage, elle n’est pas considérée pour ce qu’elle est : une composante sociale et émotionnelle majeure de la vie des enfants et des adolescents. Qu’en sait-on aujourd’hui ? Quand apparaît-elle et comment évolue-t-elle ? Quelles en sont les conditions et quel en est le moteur ? En quoi varie-t-elle d’un individu à l’autre et selon le sexe ? Quelles en sont les conséquences ?

Si les relations entre pairs ne sont pas toujours angéliques, elles n’en recèlent pas moins des sources d’épanouissement uniques. Et tous les adultes qui œuvrent ou simplement s’intéressent à l’éducation des enfants et des adolescents gagneraient à mieux les comprendre.



Sélection effectuée parLoïc Diacon, Infothèque de la HETS Genève

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