Pour réunir les savoirs
et les expériences en Suisse romande
S'abonner à REISO
Un bref sommeil restaure la plasticité cérébrale et optimise la mémorisation, selon une étude germano-suisse publiée dans NeuroImage.
Un bref sommeil restaure la plasticité cérébrale et optimise la mémorisation, selon une étude germano-suisse publiée dans NeuroImage.
© Karolina Grabowska / Pexels
Une sieste d’environ 45 minutes suffit à réguler l’activité cérébrale et à renforcer la capacité d’apprentissage. C’est ce que démontre une étude menée par l’Hôpital universitaire de Freiburg, les Hôpitaux universitaires de Genève et l’Université de Genève, parue dans la revue NeuroImage. Pour la première fois, des effets bénéfiques comparables à ceux d’une nuit complète de sommeil ont été observés après un court endormissement.
Le cerveau, saturé par une activité synaptique intense durant la journée, peine à encoder de nouvelles informations. Le sommeil permet de réduire cette surcharge sans effacer les données essentielles. « Cette étude montre que ce “redémarrage synaptique” se produit déjà après une sieste et que de nouvelles informations peuvent ensuite être potentiellement mieux stockées », explique Christoph Nissen, médecin-chef du Service des spécialités psychiatriques aux HUG et professeur au Département de psychiatrie de l’UNIGE.
L’étude a porté sur vingt jeunes adultes en bonne santé. Chacun·e a participé à deux sessions expérimentales, au cours de deux après-midis distincts : l’une incluant une sieste, l’autre non. La sieste durait en moyenne 45 minutes. La stimulation magnétique transcrânienne et l’électroencéphalogramme ont été utilisés pour mesurer, de manière non invasive, la force et la flexibilité des synapses.
Les résultats sont sans équivoque : la force synaptique globale diminuait après la sieste, signe d’un effet réparateur, tandis que la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions augmentait. Le sommeil, même bref, rendait donc le cerveau plus apte à encoder de nouvelles informations que s’il était resté éveillé.
« Un court sommeil peut aider à retrouver une clarté d’esprit et à rester concentré », précise Kai Spiegelhalder, directeur de la section de recherche psychiatrique sur le sommeil et de médecine du sommeil à Freiburg. Ces bénéfices cognitifs immédiats pourraient être particulièrement utiles dans des contextes professionnels exigeants — domaines artistiques, sportifs ou secteurs critiques pour la sécurité — où une sieste stratégique permettrait de maintenir l’efficacité malgré la charge de travail.
Les auteur·es insistent toutefois sur un point important : des problèmes de sommeil ponctuels ne sont pas synonymes de baisse automatique de performance. En cas d’insomnie chronique, les mécanismes de régulation du sommeil restent globalement intacts. Ce sont les inquiétudes associées à l’incapacité de s’endormir qui perturbent le plus les fonctions cognitives. Dans ces situations, la thérapie cognitive comportementale de l’insomnie (TCC-I) est à privilégier plutôt que les somnifères, lesquels nuisent aux processus naturels de récupération et peuvent engendrer une dépendance.
(Source : communiqué de presse)
Référence
Christoph Nissen et al., « A short nap resets synaptic strength and improves learning capacity », NeuroImage, 2026. DOI : 10.1016/j.neuroimage.2026.121723

En 2026, REISO ouvre son dossier annuel aux projets, recherches et pratiques qui font bouger les lignes une fois passé l'âge de la retraite. Et si vous écriviez?