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Coronavirus : la voix des personnes de 65 ans et plus

Mardi 28.04.2020

HETS FR Covid

En moins d’une semaine, 2480 personnes de 65 ans et plus, issues de toute la Suisse romande, ont répondu au questionnaire proposé par la Haute école de travail social Fribourg dans le cadre de l’étude « Le vécu des personnes de 65 ans et plus au cœur du COVID- 19 ».

L’équipe de recherche livre les premières orientations descriptives de cette enquête qui se poursuit durant toute la période de pandémie.

  • L’âge moyen des participant-e-s est de 71.8 ans. Les plus âgé-e-s ont 95 ans.
  • 58% sont des femmes et la plupart des personnes ayant répondu sont mariées ou en couple. Un peu plus d’un tiers des personnes sondées vivent seules.
  • Tous les cantons romands sont représentés. Le canton de Vaud constitue un peu moins de la moitié des répondants (1103 personnes).


Les contacts sociaux au quotidien

La plupart des participant-e-s à l’enquête ont des contacts qu’ils et elles qualifient de très fréquents avec leur famille et leurs ami-e-s, que ce soit par des visites, des téléphones, des lettres, des SMS, ou des courriels. Près de 2 personnes sur 3 déclarent avoir un contact social quotidien. Elles sont également nombreuses (39.2%) à avoir découvert de nouveaux moyens pour rester en lien aussi bien virtuellement, via de nouvelles applications pour smartphone, que physiquement, par des discussions d’un jardin ou d’un balcon à l’autre. Plus du tiers des participant-e-s (34.8%) déclarent avoir renoué des contacts avec des personnes « perdues de vue ». Par ailleurs, plus d’une personne sur cinq fait état d’une baisse de ses contacts avec ses ami-e-s et sa famille.

Dans cette période de crise, les ainé-e-s déclarent avoir besoin d’aide principalement pour faire leurs courses (54.1%) et, dans une moindre mesure, pour obtenir des informations sur le COVID ainsi que pour aller à la pharmacie. Pour cela, ils et elles comptent prioritairement sur leurs enfants, mais aussi sur leur partenaire et leurs voisin-e-s. Pour ces personnes qui ont mentionné avoir besoin d’aide, le 96.8% qualifie cette aide de « suffisante ».


Une image négative, très négative

La moitié des participant-e-s (49.5%) pense que les plus jeunes portent sur les 65 ans et plus un regard qui a changé de manière négative, voire très négative depuis le début du COVID-19. Nombreux sont celles et ceux qui estiment (60.8%) que les médias contribuent à véhiculer une image négative, voire très négative des 65 ans et plus en cette période de crise.

Depuis le début de la crise, 3 personnes sur 5 ont le sentiment d’être traitées de manière différente et 1 sur 5 rapporte avoir été traitée de manière injuste à cause de son âge. Globalement, 60.3% des participant-e-s trouvent que les 65 ans et plus sont traité-e-s de manière injuste, toujours à cause de leur âge.

Les avis des personnes sondées sont assez partagés quant aux impacts de cette crise sanitaire sur la relation entre les générations. 32.4% pense que la crise sanitaire aura un impact négatif sur les relations entre les diverses générations et 24.1% prévoient un impact positif. Parmi les possibles effets négatifs citons : une plus grande stigmatisation, une mise à l’écart sociale, la perte de soutien et de liens affectifs, le fait que les 65 ans et plus sont rendus responsables de la crise actuelle. Les effets positifs pourraient provenir de l’entraide qui s’est développée durant cette période et d’une plus grande attention à autrui.


L’effet sur le moral des seniors

Plus du tiers des participant-e-s disent ressentir un sentiment de solitude. Depuis le début de la crise, pour près d’une personne sur trois, ce sentiment de solitude est même devenu plus fort. 40.8% des participant·e·s indiquent que la crise actuelle affecte (très) négativement leur moral.

Au niveau des craintes exprimées en lien avec le COVID-19, les personnes de 65 ans et plus mentionnent la santé d’un-e proche (90.2%) ou leur propre santé (68.9%). Ils et elles s’inquiètent également qu’une priorité de traitement soit accordée aux plus jeunes. Des peurs sont aussi exprimées de ne pas arriver à vaincre la pandémie (67.4%).

Qu’en est-il du déconfinement et combien de temps les restrictions imposées actuellement seront-elles supportables ? Environ un quart des personnes répondent « maximum 1 ou 2 semaines », un cinquième « encore 3 ou 4 semaines » et un autre quart « 1 à 3 mois ».


L’étude se poursuit

Ces premières orientations ne couvrent qu’une partie des questions de l’étude menée. De nombreux enseignements seront analysés en fonction des cantons de provenance, mais aussi du genre, ou des tranches d’âges des répondant-e-s. Le questionnaire reste ouvert et la récolte de données se poursuit.

Source: HETS-FR

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