Go Top

Climat – Enjeux éthiques, sanitaires et sociaux

Lundi 04.03.2019
  • Au sujet de la Semaine de la Durabilité dans les Hautes Ecoles de Suisse et de récentes interventions sur le climat.

Commentaire et documentation par Jean Martin

Les enjeux du dérèglement climatique sont tels qu’on reste perplexe, interloqué. Bertrand Kiefer tout récemment dans la Revue médicale suisse: « En 2019, le climat, la finance folle et la croissance des inégalités feront un peu parler d’eux. Bien loin cependant de leur réel impact (…) Dans ces débats, les universitaires et spécialistes de l’éclairage sociétal se sentent la responsabilité de mettre des nuances. Mais ces nuances composent une pièce de théâtre pour enfants, déroulant une histoire bisounoursée. » (1) Il pointe un problème majeur et pas assez discuté ; l’expérience des commissions d’éthique m’a souvent laissé songeur devant l’extrême attention portée à tous les détails imaginables d’une question posée, sans en aucune manière se pencher sur les enjeux généraux. Parce que ce serait trop « gros », trop multifactoriel, pas de notre ressort ni dans nos compétences !

Le philosophe suisse Mark Hunyadi plaide avec force pour que l’on passe de l’éthique usuelle pointilliste, où « c’est comme si nous luttions pour la liberté de choisir la couleur des briques de notre propre prison », à une Grande éthique voyant large et loin (2). Sa position n’a certainement pas eu jusqu’ici les échos qu’elle mérite ; parce que, bien sûr, c’est beaucoup - infiniment ? - plus compliqué de changer de modèle général de société.

Or, c’est un tel changement qu’implique la mobilisation des marcheurs pour le climat. Les mieux disposés – je pense à des amis politiques de haut niveau et autres notables – vous écoutent, consentent qu’il y a un problème, mais le saut logique qui consisterait à mettre en cause le « système » reste simplement inimaginable. Avec, entre autres, l’excuse classique du « On ne peut pas être sage tout seul ». Il le faudra bien pourtant, une fois.

Lancet countdownLes médecins, les soignants et les intervenants du domaine social sont évidemment concernés, au vu des impacts délétères du dérèglement climatique, pour les personnes individuelles et leur bien-être comme pour la santé publique – la mise au point la plus affûtée étant le « Compte à rebours » de Lancet, une des meilleures revues médicales du monde, régulièrement mis à jour (3). Un exemple : c’est sur la base de données scientifiques que les « Aînées pour la protection du climat » ont entrepris une action en justice contre le Gouvernement fédéral, au motif que les femmes de plus de 70 ans sont plus touchées par les effets du réchauffement que d’autres groupes.

Sustainability Week CHA souligner le fait que les étudiants et leurs institutions s’engagent vivement pour cette cause. Dans une quinzaine de Hautes Ecoles de Suisse se déroulent du 4 au 9 mars les multiples activités de la Semaine de la Durabilité (Sustainability Week Switzerland), dont le lancement pour l’Unil et l’EPFL a eu lieu le 28 février à Dorigny.

A noter aussi, lors de l’interview d’António Guterres par Darius Rochebin dans «Pardonnez-moi» du dimanche 3 mars 2019, le secrétaire général de l’ONU a affirmé au cours de la conversation et sans que le journaliste le questionne sur le climat : «Nous sommes en train de perdre la bataille du changement climatique.»

  1. Kiefer B. 2019 : viser une méta-éthique. Revue médicale suisse, 15, p. 124, 9 janvier 2019.
  2. Hunyadi M. La tyrannie des modes de vie. F-33310 Lormont, Ed. Le Bord de l’Eau, 2015.
  3. Le Lancet Coundown examine 41 indicateurs dans cinq domaines : les impacts du changement climatique, les expositions et vulnérabilités ; les capacités d’adaptation, de planification et de résilience quant à la santé ; les actions de réponse (mitigation) et les co-bénéfices possibles ; les aspects économiques ; l’engagement public et politique nécessaire. En ligne

L'affiche de la semaine

Agenda social et santé

Dernier article

Focale sur les artistes en situation de handicap
Lundi 18.11.2019
Par Teresa Maranzano
Depuis dix ans, un programme s’engage pour les artistes suisses en situation de handicap. Il accompagne une trentaine de créateur·trice·s, organise des expositions pour les faire découvrir au public et défend leurs droits d’auteurs.