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L’activité parentale influence durablement les enfants 

Mardi 27.01.2026

Des données longitudinales suisses montrent que le temps passé assis et le niveau d’activité des parents sont associés aux comportements de mouvement de leurs enfants, y compris cinq ans plus tard. Un résultat clé pour la prévention. 

activite parental influence enfant reiso 2026 400© Kamaji Ogino / Pexels

L’activité physique constitue un déterminant central de la santé. Elle contribue à prévenir les maladies non transmissibles, soutient le bien-être psychologique et favorise un poids sain. En Suisse, malgré un niveau d’activité élevé au regard d’autres pays européens, de nombreux enfants et adolescent·es n’atteignent pas la recommandation d’au moins soixante minutes quotidiennes d’activité physique modérée à intense. La promotion du mouvement dès le plus jeune âge demeure ainsi une priorité de santé publique. 

C’est dans ce contexte que la cohorte SOPHYA a été lancée en 2013 par l’Institut tropical et de santé publique suisse et ses partenaires. Cette étude nationale suit l’activité physique d’enfants et d’adolescent·es dans l’ensemble du pays afin d’identifier, dans le temps, les facteurs influençant leurs comportements de mouvement. 

Des liens mesurés sur plusieurs années 

Les analyses récentes montrent que la manière dont les parents répartissent leur temps entre sédentarité, activités légères et activités plus intenses est associée aux habitudes d’activité physique de leurs enfants, y compris cinq ans plus tard. Des profils distincts apparaissent selon le parent : les mères consacrent proportionnellement plus de temps aux activités légères, tandis que les pères passent davantage de temps assis et pratiquent plus souvent des activités physiques intenses. Lorsque les parents réduisent leur temps passé assis et augmentent leur niveau d’activité, ces changements sont associés à des comportements similaires chez leurs enfants. L’association à long terme la plus marquée est observée au sein des dyades mère-enfant. 

Ces résultats confirment des analyses antérieures issues de la cohorte SOPHYA. Une publication précédente indiquait que les enfants dont les mères respectaient les recommandations suisses en matière d’activité physique restaient plus actif·ves cinq ans plus tard, indépendamment du statut socio-économique ou de l’environnement résidentiel. Les pratiques de mobilité active des pères, comme les déplacements quotidiens à vélo, étaient également associées à un niveau d’activité plus élevé chez les enfants. Par ailleurs, la participation à un club sportif joue un rôle notable : les enfants sont plus susceptibles de s’inscrire lorsqu’un de leurs parents est déjà membre, souvent en s’inspirant du parent du même sexe. 

Des données solides pour orienter la prévention 

Ces connaissances reposent sur un suivi longitudinal de mêmes familles sur plusieurs années, combinant des enquêtes répétées et des mesures objectives de l’activité physique. Plusieurs centaines de couples mère-enfant et père-enfant ont participé à l’étude initiale. Cinq ans plus tard, environ 250 enfants avec leur mère et 150 avec leur père ont à nouveau porté un accéléromètre durant une semaine. De telles données à long terme constituent une base essentielle pour développer des stratégies de prévention efficaces et étayer les politiques de santé. 

Les résultats soulignent l’importance de programmes nationaux de promotion de l’activité physique, tels que Jeunesse+Sport, cités dans le communiqué. Plus largement, ils alimentent le débat politique en cours sur la création d’une grande cohorte nationale de santé. Si son utilité est reconnue, son financement demeure incertain. Selon les responsables de l’étude, une telle cohorte représenterait néanmoins un investissement majeur pour disposer de données populationnelles à long terme, nécessaires pour relever les défis sanitaires futurs et renforcer la prévention. 

L’analyse a été publiée dans le Journal of Activity, Sedentary and Sleep Behaviors. 

(Source : prevention.ch)  

Référence 

Étude de la cohorte SOPHYA publiée dans le Journal of Activity, Sedentary and Sleep Behaviors, janvier 2026. 

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