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Impact de la situation sanitaire sur les addictions

Mercredi 10.02.2021

Dans son panorama 2021 « Coronavirus, stress et addictions », Addiction Suisse se penche sur la consommation de tabac, de drogues illégales ou de médicaments. La dépendance aux jeux et à internet est aussi examinée.

Panorama suisse addictions 2021 170Quelles sont les tendances actuelles en matière de consommation d’alcool, de tabac, de drogues illégales ou de médicaments psychoactifs ? Quelles sont les conséquences de la dépendance aux jeux d’argent et à internet ? Dans son panorama suisse des addictions 2021, la Fondation Addiction Suisse présente des faits et des chiffres, tisse des liens et offre une analyse complète de la situation.

Intitulé « Coronavirus, stress et addictions : oser demander de l’aide », ce rapport de 36 pages s’arrête sur les répercussions de la crise sanitaire en matière de conduite addictive. L’augmentation du niveau de stress pour l’ensemble de la population peut en effet entraîner l’émergence de nouveaux groupes à risque. Les individus qui présentaient déjà des signes de tendance dépendante sont, eux, davantage exposés.

Des publics spécifiques sont plus particulièrement concernés, comme le personnel des services d’urgence, des transports publics ou de la vente. Un stress majeur peut également persister pour celles et ceux qui ont subi un traumatisme en raison de la pandémie. « Toutes ces personnes ont un risque accru de perdre le contrôle de leur consommation d’alcool, de drogues ou de médicaments », écrit Addiction Suisse dans son introduction. « Or, lorsque la consommation devient problématique, elle est passée sous silence. Addiction Suisse entend briser le tabou et exhorte les personnes touchées, les proches et les employeurs à chercher de l’aide sans tarder. »

Une mauvaise coïncidence

Addiction Suisse tire la sonnette d’alarme sur les effets à long terme de la situation sanitaire en termes de santé mentale. Elle s’inquiète également de la libéralisation des jeux d’argent, survenue presque simultanément à l’obligation de rester à domicile, au début de 2019. « Avec le semi-confinement instauré à l’échelle nationale au printemps, ces offres ont connu une croissance qui n’aurait certainement pas atteint pareille ampleur sans la pandémie, note la Fondation. Parallèlement, la publicité pour les plateformes de jeux en ligne a massivement augmenté, avec un marketing parfois agressif. » Elle craint une hausse de jeu problématique dans la population suisse, puisque « les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire constituent des facteurs de stress qui peuvent accélérer la perte de contrôle chez certain·e·s joueurs·euses. »

L’instance nationale appelle celles et ceux qui se sentent vulnérables, craignent une tendance addictive ou s’inquiètent pour un·e proche, à se tourner vers des structures d’aide. « Nous vivons une situation de stress totalement inédite que nous devons toutes et tous gérer de notre mieux. Ce qui compte à présent, c’est que toutes les personnes qui ont perdu le contrôle de leur consommation reçoivent l’aide dont elles ont besoin », souligne Grégoire Vittoz, directeur d’Addiction Suisse. L’embarras qui peut surgir dans ces situations est cependant réel, dans un monde qui passe souvent « sous silence » les problèmes d’addiction. A ce sujet, Grégoire Vittoz requiert de la société un environnement permettant de « chercher de l’aide sans avoir honte. »

(croc)

Télécharger le Panorama suisse des addictions 2021

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