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Une feuille d’information propose des pistes d’action aux entreprises formatrices confrontées à des apprenti·es en difficulté. Un support utile également aux professionnel·les du travail social en contact avec les employeur·ses.
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Absences répétées, baisse de motivation, difficultés relationnelles, surcharge ou signes de mal-être : les entreprises formatrices ne savent pas toujours comment réagir lorsqu’un·e apprenti·e traverse une période de fragilité psychique. Une feuille d’information publiée par Promotion Santé Suisse rassemble des recommandations destinées aux responsables de la formation professionnelle.
Le document s’appuie sur une étude menée avec WorkMed sur la santé mentale des apprenti·es au cours de la formation professionnelle. Selon les résultats rapportés par les formatrices et formateurs interrogé·es, 41% des parcours d’apprentissage sont évalués comme non-problématiques. Dans 33% des cas, des difficultés apparaissent puis trouvent une issue pendant la formation. Dans 26% des situations, aucune solution n’a pu être trouvée durant cette période.
La publication rappelle que la santé psychique des apprenti·es ne dépend pas seulement de ressources individuelles. Elle est influencée par l’environnement de formation, les relations avec les adultes de référence, l’école professionnelle, les parents ou responsables légaux, les pair·es et, lorsque c’est nécessaire, les professionnel·les du soutien psychosocial ou médical.
Pour les entreprises, les recommandations portent notamment sur la qualité du lien avec l’apprenti·e, la clarification des attentes, l’observation précoce des changements de comportement, la conduite d’entretiens et la recherche d’appuis. La feuille d’information invite les responsables de formation à ne pas gérer seul·es les situations complexes, mais à mobiliser les ressources de l’entreprise, les écoles professionnelles, les services cantonaux compétents, tels que les conseiller·ères aux apprenti·es, ou les offres spécialisées lorsque la situation le nécessite.
Cette publication intéresse aussi les professionnel·les du travail social, de l’insertion, de la protection de la jeunesse ou de l’accompagnement des jeunes adultes. Dans leurs contacts avec des patron·nes, des PME ou des responsables d’apprentissage, elle peut servir de point d’appui pour ouvrir la discussion sur la santé psychique, préciser les rôles de chacun·e et encourager une intervention avant que les difficultés ne se cristallisent.
L’enjeu dépasse la seule gestion d’une situation individuelle. Une rupture d’apprentissage peut fragiliser l’entrée dans la vie professionnelle, en particulier pour les jeunes déjà exposé·es à des difficultés sociales, familiales ou de santé. En donnant des repères aux entreprises formatrices, cette feuille d’information met l’accent sur un levier souvent décisif : la capacité des adultes entourant l’apprenti·e à repérer, dialoguer et chercher du soutien au bon moment.
(CROC, avec Promotion Santé Suisse)
Voir la feuille d’information « Santé mentale des apprenti-e-s au cours de la formation professionnelle — Partie 2 : recommandations d’action »
Dès le 1er juillet 2026, les personnes âgées du canton de Vaud pourront obtenir jusqu’à 3'000 francs pour financer des aménagements de leur logement. Cette nouvelle prestation vise à favoriser l’autonomie et le maintien à domicile.
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Vieillir chez soi reste le souhait de la grande majorité des personnes âgées. Or enjamber une baignoire, franchir un seuil ou atteindre une étagère peuvent devenir des gestes difficiles avec l’avancée en âge. Pour répondre à ces situations et accompagner le vieillissement de la population, le canton de Vaud introduira dès le 1er juillet 2026 une aide financière destinée à adapter les logements des personnes âgées.
Adoptée par le Grand Conseil dans le cadre d’une modification de la loi, cette nouvelle prestation, baptisée aide à l’adaptation du logement, sera octroyée par la Direction générale de la cohésion sociale. Selon les autorités cantonales, elle constitue une première en Suisse romande. L’aide pourra atteindre 3'000 francs par personne et jusqu’à 6'000 francs pour un couple remplissant les conditions d’octroi. Elle sera accessible aux bénéficiaires d’une rente de vieillesse suisse ou étrangère résidant dans leur logement principal dans le canton de Vaud, qu’ils ou elles soient locataires ou propriétaires. Aucune condition de revenu ou de fortune n’est prévue.
Avant toute demande, une évaluation à domicile devra être réalisée par un·e ergothérapeute afin d’attester la pertinence des travaux envisagés. Dans les logements loués, l’accord de la ou du propriétaire sera également requis.
Les aménagements financés pourront concerner différentes pièces du logement. Dans la salle de bain, l’aide permettra notamment d’installer des barres d’appui, un siège mural de douche, une ouverture dans une baignoire ou un revêtement antidérapant. Dans la cuisine, elle pourra contribuer à la pose d’étagères escamotables ou coulissantes. L’aplanissement de seuils entre les pièces, l’installation d’une rampe d’accès ou d’un éclairage à détecteur figurent également parmi les adaptations mentionnées par le canton. Les autorités soulignent que ces interventions ne nécessitent pas forcément d’importants travaux de rénovation. Elles visent à sécuriser le logement, à réduire les risques de chute et à permettre aux personnes concernées de conserver leur autonomie dans leur environnement habituel.
Cette nouvelle prestation s’inscrit dans la politique cantonale de maintien à domicile. Le budget prévu s’élève à 1,5 million de francs pour 2026 et devrait augmenter progressivement jusqu’en 2028. Selon les chiffres communiqués par le Département de la santé et de l’action sociale, 99% des personnes âgées de 65 à 69 ans vivent à domicile dans le canton. Après 85 ans, cette proportion atteint encore 80%.
Les autorités cantonales estiment par ailleurs que le développement de l’accompagnement à domicile permet de retarder certaines entrées en établissement médico-social. Selon leurs calculs, repousser de six mois une admission en établissement représenterait une économie d’environ 13'800 francs pour les finances publiques.
(Source : communiqué de presse)
Voir la brochure « Aide financière pour adapter votre logement (ALO) »
Numérisation et pratiques hybrides placent le travail social face à une «épreuve de professionnalité». Un ouvrage décrypte ces enjeux et appelle à dépasser les arrangements individuels pour bâtir des réponses collectives.
Beatrice Vatron Steiner @StemutzAlors que la numérisation s’accélère et que l’intelligence artificielle s’implante chaque jour un peu plus, les professionnel·les du social se trouvent souvent seul·es face à des dilemmes inédits entre numérique et pratiques éthiques. Comment maintenir le lien et garantir l’accès aux droits sans se substituer aux usager·ères ? Entretien avec Thomas Jammet et Béatrice Vatron-Steiner, professeur·es associé·es à la HETS Fribourg et coordinateurs·trices de l’ouvrage « Perspectives croisées sur les enjeux éthiques du numérique pour le travail social ».
(REISO) Dans votre ouvrage, vous décrivez comment l’absence de cadres clairs pousse les professionnel·les à « bricoler » seul·es des solutions éthiques face au numérique (usage, réponses aux demandes d’aide, gestion des données). Comment transformer cette charge individuelle en un débat institutionnel structurant, pour que l’éthique ne repose plus uniquement sur la conscience de chaque travailleur·euse social·e ?
Thomas Jammet @Stemutz(Thomas Jammet et Béatrice Vatron-Steiner, professeur·es associé·es, HETS Fribourg) La plupart des organisations du travail social n’ont pas (encore), à notre connaissance, élaboré de règles et de procédures permettant d’encadrer clairement le périmètre d’intervention des professionnel·les en matière d’accompagnement des bénéficiaires dans la prise en main et l’utilisation d’outils numériques. C’est pour cette raison que plusieurs recherches mettent en évidence des formes de bricolage de la part des acteur·trices de terrain, autant en matière de supports mobilisés que de méthodes d’intervention.
Une place plus grande devrait être faite à l'expression des difficultés
On peut ainsi appeler de nos vœux que les organisations, et au-delà, les associations professionnelles édictent des référentiels en matière d’accompagnement au numérique. Une telle formalisation suppose, au préalable, que la complexité des dilemmes auxquels les professionnel·les sont confronté·es soit (re)connue et qu’un agir professionnel concerté puisse voir le jour. Une place plus grande devrait ainsi être faite, dans des espaces existants ou à créer, à l’expression des difficultés et à la confrontation et collectivisation des pratiques mises en place par chacun·e.
Justement, au-delà du manque de référentiels, vous pointez un problème de fond dans la conception même des services publics numérisés. En quoi l’idée reçue d’un empowerment « automatique » par le numérique constitue-t-elle un obstacle à l’accès aux droits pour les publics vulnérables ?
Comme nous le rappelons dans l’introduction de l’ouvrage, la numérisation des services publics a en effet longtemps été associée à l’idée d’un empowerment « automatique » des usager·ères, comme si le fait de dématérialiser l’accès à l’information et aux droits allait forcément renforcer le pouvoir d’agir de tout un chacun. L’administration numérique (ou cyberadministration) repose sur la figure idéalisée d’un·e usager·ère autonome, qui ne correspond de loin pas à la diversité des publics.
Si cette autonomie est souvent une illusion pour les personnes concernées, quel est alors le rôle spécifique du·de la professionnel·le du social ; autrement dit, comment accompagner ces démarches sans se substituer à l’usager·ère et risquer de créer une nouvelle dépendance ?
De nombreuses personnes ne parviennent pas à réaliser seules leurs démarches en ligne et donc à accéder à certains droits. En l’absence d’interlocuteur·trices pour les renseigner et les orienter, elles se tournent vers des proches ou des professionnel·les du travail social, au risque d’en devenir dépendantes. Pour que ces professionnel·les soient en mesure de les accompagner efficacement sans se substituer à elles, il faut qu’ils et elles puissent les faire monter en compétences. Cela implique, d’une part, de négocier le temps nécessaire pour développer une intervention personnalisée, d’autre part, de se former soi-même. Transmettre des connaissances et des compétences pour favoriser durablement l’autonomie numérique d’une personne suppose un savoir-faire pédagogique, qui doit s’acquérir.
Vernissage de l'ouvrage
- Jeudi 25 juin 2026, en présence des autrices et auteurs
- HETS-Fribourg, salle 3.23, 17h15
- Entrée libre, sans inscription
Votre ouvrage suggère un travail social de plus en plus « hybride », combinant présence physique et numérique pour rejoindre et maintenir le lien avec les bénéficiaires. Quelle est la difficulté majeure pour les professionnel·les lorsqu’ils et elles doivent maintenir une frontière éthique entre vie privée et professionnelle dans cet espace fluide ?
Que ce soit dans l’insertion socioprofessionnelle, le travail social de rue, l’éducation spécialisée ou encore la santé, l’accompagnement mêlant des modalités physiques (en présentiel) et numériques (à distance) est en plein essor ; les activités en ligne et hors ligne forment désormais un continuum, à penser de manière complémentaire et articulée. La difficulté, pour les professionnel·les, consiste à maintenir une distinction entre la sphère professionnelle et la sphère privée, dès lors qu’ils et elles se rendent accessibles via des supports numériques, à plus forte raison au travers d’un appareil privé (téléphone, tablette ou ordinateur). Une manière d’y parvenir est de clarifier les limites de leur disponibilité et de travailler en équipe pour ne pas être la seule personne-ressource. Là aussi, les organisations du travail social ont un rôle important à jouer, tant pour fournir le matériel adéquat à leur personnel que pour le protéger d’une surcharge de travail.
Enfin, cette hybridation de la pratique ne risque-t-elle pas de créer une nouvelle forme d’exclusion ? Comment concilier l’usage du numérique pour « aller-vers » avec la nécessité de ne pas perdre le lien avec celles et ceux qui restent hors ligne ?
Intégrer une composante numérique dans la culture de « l’aller-vers » place les travailleurs et travailleuses sociales face à une double exigence. Celle-ci appelle le développement d’une posture professionnelle réflexive et critique vis-à-vis de la numérisation : il s’agit de se saisir des potentiels offerts par les outils numériques pour rejoindre et maintenir le lien avec des bénéficiaires éloigné·es des dispositifs d’aide traditionnels, tout en développant ou préservant d’autres canaux, afin de ne pas perdre le lien avec les bénéficiaires qui ne peuvent — ou ne veulent — pas les utiliser.
(Propos recueillis par Céline Rochat)
Jammet, T., Vatron-Steiner, B., Colombo, A. & Dif-Pradalier, M. (dir.) (2026). Perspectives croisées sur les enjeux éthiques du numérique pour le travail social. Seismo, 174 pages.
Les infractions sexuelles enregistrées par la police ont augmenté de 39% entre 2019 et 2025 en Suisse. Dans la sphère domestique, la hausse atteint 55%, selon la Fondation KidsToo.
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Le nombre d’infractions sexuelles enregistrées par la police augmente fortement en Suisse. Une analyse publiée par la Fondation KidsToo, fondée sur les données de la statistique policière de la criminalité entre 2009 et 2025, met en évidence une hausse de 39% des infractions sexuelles entre 2019 et 2025. Dans la sphère domestique, cette progression atteint 55%.
En 2025, les violences sexuelles commises dans un contexte domestique représentent 27% de l’ensemble des infractions sexuelles enregistrées, contre 17% en 2009.
Les femmes demeurent très majoritairement touchées. Elles représentent 84% des victimes hors sphère domestique et 91% dans la sphère domestique. Les personnes prévenues sont, quant à elles, très majoritairement des hommes. Le rapport relève également une augmentation des victimes masculines, longtemps peu visibles dans les statistiques.
Le rapport met aussi en lumière l’évolution des viols enregistrés par la police. Entre 2023 et 2025, leur nombre a augmenté de 67%. Cette hausse est observée après l’entrée en vigueur, en juillet 2024, de la révision du droit pénal sexuel fondée sur le principe « non, c’est non ». La nouvelle législation a notamment élargi la définition du viol et l’a rendue indépendante du genre.
Les mineur·es apparaissent particulièrement exposé·es dans la sphère domestique. En 2025, ils et elles représentent 42% des victimes de violences sexuelles dans ce contexte. Parmi les garçons victimes, 79% sont mineurs.
Pour la Fondation KidsToo, cette évolution reflète à la fois l’ampleur persistante des violences sexuelles et une parole qui se libère progressivement.
(Source : Fondation KidsToo)
Référence
Fondation KidsToo, «Un autre regard sur les violences sexuelles domestiques et une comparaison avec ces violences non domestiques pour les années 2009 à 2025», mai 2026, 20 pages
Une étude nationale pointe les limites des outils d’évaluation actuels pour les conducteur·trices âgé·es ou avec troubles cognitifs. Elle préconise d'harmoniser les pratiques et d'accompagner la transition vers d'autres types de mobilité.
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Les tests neuropsychologiques utilisés pour évaluer l’aptitude à la conduite des personnes de plus de 75 ans ou présentant des troubles cognitifs manquent de fiabilité. Le cadre législatif actuel permet par ailleurs à des médecins de s’auto-déclarer compétents pour réaliser ces examens sans formation spécifique. Menée durant trois ans par un consortium d’institutions suisses, dont la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL), à la demande de l’Office fédéral des routes, une recherche met en évidence la nécessité de réformer les pratiques d’évaluation.
L’enquête souligne que les tests neuropsychologiques actuels manquent de fiabilité car peu ont été conçus pour évaluer les fonctions spécifiques requises pour la conduite ; ils échouent ainsi à prédire correctement l’aptitude réelle sur route dans plus d’un cas sur quatre.
Le cadre législatif, qui réserve exclusivement l’évaluation de l’aptitude à la médecine et à la psychologie du trafic sans définir clairement le rôle des autres acteur·rices, laisse chaque canton libre d’organiser ses propres procédures. Cette absence de standards nationaux engendre un dispositif fragmenté et un risque d’iniquité de traitement selon le lieu de résidence. De plus, peu de solutions existent pour accompagner la cessation de la conduite vers des modes de transport alternatifs.
Pour améliorer les pratiques, le rapport formule plusieurs recommandations. Les auteur·es proposent de développer une évaluation sur route effectuée conjointement par des professionnel·les de santé et de la conduite, tel·les que des ergothérapeutes et des moniteurs de conduite, pratique déjà en cours à l’étranger. Ils et elles préconisent de supprimer le système d’auto-déclaration des médecins de niveau 1 et de rendre obligatoire une formation spécifique, ouverte à d’autres professions de santé.
Le rapport suggère également de clarifier les degrés d’aptitude à la conduite en quatre niveaux, allant de l’absence de contre-indication au retrait immédiat du permis. Les deux niveaux intermédiaires correspondraient à des situations nécessitant soit des mesures de soutien pour maintenir la conduite, soit un accompagnement progressif vers l’arrêt et la mise en place de solutions de mobilité alternatives.
Enfin, les chercheur·ses recommandent l’élaboration d’une stratégie nationale relative à l’aptitude à la conduite en cas de troubles cognitifs, afin d’harmoniser les pratiques, de soutenir les professionnel·les et d’informer le public.
(Source : communiqué de presse)
Projet Drive-Check, mené par la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL I HES-SO), l’unité de médecine et psychologie du trafic (UMPT), le Centre Leenards de la mémoire (CLM), le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), la Bern University of Applied Sciences (BFH), la Fédération romande des écoles de conduite (FRE) et la Zurich University of Applied Sciences (ZHAW). Voir le rapport complet
Vers le site du projet
Dans «Troubles dans l’insertion», Antoine Sansonnens décrypte les «embarras professionnels» vécus dans la relation d’aide. Interview sur ces postures de l’entre-deux qui, entre injonctions d’activation et réalités cliniques, redéfinissent l’éthique du secteur.
Antoine Sansonnens © Stemutz / HETS-FR(REISO) Antoine Sansonnens, vous qualifiez la mission de « rendre capable » les jeunes souffrant de troubles psychiques de mandat par nature compromis. En quoi ce compromis tient-il moins aux jeunes eux et elles-mêmes qu’à l’indétermination sociale dans laquelle ces personnes se trouvent ?
(Antoine Sansonnens, professeur HES associé, Haute école de travail social de Fribourg, HES-SO) Qualifier la mission de « rendre capable » comme mandat compromis revient à déplacer le regard des dispositions individuelles des jeunes vers les conditions sociales de leur prise en charge. Ceux et celles-ci sont en effet saisi·es dans une zone d’indétermination : ni vraiment pathologiques, ni pleinement autonomes, ils et elles relèvent d’un « public flou » dont les capacités restent difficilement objectivables. Cette indétermination est redoublée par des politiques d’activation qui les construisent simultanément comme sujets à responsabiliser et comme publics à risque d’incapacité. Ce phénomène est observable notamment dans les évolutions récentes de l’Assurance-invalidité (AI) qui met de plus en plus l’accent sur l’intégration des jeunes afin d’éviter une entrée précoce en rente.
Comment cette situation empêche-t-elle concrètement l’application des protocoles standards d’insertion par les praticien·nes ?
Avec ce mouvement, les praticien·ne·s doivent encourager l’autonomie sans disposer de repères stables sur les résultats attendus. Or les protocoles standards d’insertion, fondés sur des logiques de contrat, de contrepartie obligatoire, de temporalité mesurée et d’évaluation quantitative, présupposent au contraire une certaine lisibilité des capacités et des trajectoires. Leur application se heurte ainsi à la nécessité d’un travail relationnel, informel et situé, invisible et peu reconnu dans les dispositifs d’évaluation, car il est difficilement objectivable. C’est dans cet écart entre le prescrit et le réel de leur activité que se loge le caractère compromis du mandat.
Loin d’y voir un signe d’incompétence, vous décryptez dans le concept d’« embarras professionnel » le révélateur d’une éthique en acte face à l’incertitude. Comment cet embarras se manifeste-t-il lorsque les logiques gestionnaires entrent en collision avec la temporalité propre au rétablissement psychique ?
Effectivement, l’embarras professionnel ne renvoie pas à une défaillance ou à une paralysie de l’action, mais à une modalité ordinaire de l’agir dans des situations caractérisées par l’incertitude. La figure structurelle de l’embarras professionnel que je propose émerge précisément lorsque les exigences de l’action publique (activation, mesurabilité, respect des délais) entrent en dissonance avec la temporalité, notamment du rétablissement psychique, marquée par des discontinuités et des latences. Les praticien·nes se trouvent alors dans des configurations où il leur faut agir « comme si » les conditions de l’insertion étaient réunies, tout en sachant qu’elles ne le sont pas. Cet entre-deux produit une tension éthique : faut-il continuer de répondre coûte que coûte aux prescriptions ou suspendre l’action au nom de l’attention portée aux jeunes ?
L'ouvrage Troubles dans l'insertion ; «Rendre capables» des jeunes souffrant psychiquement sera verni le mardi 19 mai 2026 de 12h30 à 13h30 à la HETS Fribourg dans le cadre d’un midi-conférence, en présence d'Antoine Sansonnens, de Marc-Henry Soulet, sociologue et professeur émérite de l'Université de Fribourg, et de Stefanie Kurt, professeure HES ordinaire à la Haute école et Ecole supérieure de travail social - Valais, représentante des Éditions Seismo.
Entrée libre, sans inscription.
L’embarras s’inscrit donc comme une forme de résistance à l’automatisation des pratiques ?
En effet, dans le sens où il engage une réflexivité située sur ce qu’il convient de faire, sans possibilité de s’appuyer sur des normes stabilisées. Cet embarras signale une résistance à l’automatisation des pratiques et peut même être compris comme un éloge du doute, c’est-à-dire comme la reconnaissance féconde de ce qui échappe aux cadres décisionnels préétablis. Dans cette perspective, il rejoint Nancy Bouchard (2019), qui, dans Pour une éthique ouverte à l’inattendu : libérer la face lumineuse de l’incertitude, prolonge la pensée de Guy Bourgeault en faisant de l’incertitude une condition de l’existence et une ressource pour l’agir, invitant à dépasser les certitudes normatives afin d’ouvrir la pratique à l’inattendu. Cette posture se rapproche de la « capacité négative » de Philips (2009) concept emprunté au poète John Keats, soit l’aptitude à demeurer dans le doute sans chercher à le réduire trop vite.
Votre ouvrage met en lumière des phénomènes de « fantomisation » ou d’absentéisme des jeunes, ainsi que des « discordances temporelles » avec l’institution. Comment les praticien·nes vivent-ils et elles ces ruptures de lien ?
Les phénomènes de « fantomisation » et d’absentéisme mettent centralement à l’épreuve les compétences professionnelles liées au tissage et à l’entretien du lien. Ils sont d’abord interprétés à l’aune des attendus institutionnels (engagement, régularité, progression) et peuvent dès lors être vécus comme des échecs professionnels. Cependant, une lecture plus compréhensive conduit à les envisager comme des formes de régulation du côté des jeunes : la mise à distance peut constituer une réponse à une pression jugée excessive ou à une inadéquation des dispositifs. Les praticien·nes oscillent ainsi entre une logique de responsabilisation et une logique de préservation. Cette oscillation nourrit des embarras relationnels inextinguibles, liés à l’imprévisibilité des trajectoires juvéniles et à la possibilité de disparitions soudaines, parfois sans signe ni explication, qui peuvent déstabiliser durablement l’action professionnelle. Elle engage dès lors une posture d’humilité et d’accueil, tenant ensemble disponibilité du lien et renoncement à sa maîtrise.
Il ne s’agit ni de céder à une logique coercitive, ni de renoncer à tout cadrage, mais de composer avec les contraintes institutionnelles et les états relationnels du moment
Dans cette perspective, le travail d’accompagnement peut se rapprocher d’un « travail social palliatif » (Soulet, 2018) où l’enjeu n’est plus prioritairement la résolution ou la normalisation des situations, mais le maintien d’un espace de présence suffisamment stable pour que le lien demeure possible malgré les ruptures, les interruptions et les retours incertains.
Comment les intervenant·es négocient-ils et elles le paradoxe quotidien entre la « symétrie à l’épreuve du contrôle » et l’« autonomie à l’épreuve de l’attachement » que vous évoquez ?
Les relations d’accompagnement contemporaines sont traversées par une injonction à la symétrie (reconnaissance de l’autonomie, participation, consentement, valorisation des savoirs expérientiels) qui coexiste avec des exigences de contrôle inhérentes aux dispositifs. Ce double impératif se traduit par des situations « paradoxantes » où l’autonomie est attendue tout en étant encadrée, où l’attachement est requis sans devenir dépendance. Les praticien·ne·s négocient ces tensions à partir d’un agir situé, c’est-à-dire une manière d’intervenir continuellement ajustée aux configurations concrètes, aux temporalités de la situation et aux variations de la relation, plutôt que sur une application standardisée des cadres normatifs. Ainsi, il ne s’agit ni de céder à une logique coercitive, ni de renoncer à tout cadrage, mais de composer en situation avec les contraintes institutionnelles et les états relationnels du moment.
Dans ces situations « paradoxantes », comment maintenir un lien bienveillant ?
Cette composition repose précisément aussi sur une forme de bienveillance radicale, au sens de ce que Ouellet (2025) met en avant dans le sillage du hopepunk : une manière d’articuler lucidité face aux tensions du réel et engagement actif dans des gestes de care, de soutien et de reconnaissance, même dans des contextes dégradés ou incertains. Il ne s’agit pas d’une bienveillance naïve ou désaffiliée des contraintes institutionnelles, mais d’une orientation pratique et résistante qui maintient l’attention à l’autre malgré la pression des dispositifs et la fatigue des situations. Face aux situations de crises ou aux comportements ambivalents, ce travail repose ainsi sur une intelligence pratique et située : maintenir un lien suffisamment soutenant pour éviter la rupture tout en posant des repères lisibles, parfois fluctuants, mais toujours négociés dans l’interaction. La régulation se fait alors dans l’ajustement continu de l’intervention, au plus près des singularités des situations, plutôt que dans la recherche d’un équilibre abstrait entre autonomie et contrôle.
Votre analyse pointe un « doute dans la nomination » et la difficulté à distinguer « troubles du comportement » et simples « émotions adolescentes ». Comment les travailleur·euses sociaux·ales gèrent-elles et ils une posture de laquelle dépend potentiellement l’accès aux droits ?
Le « doute dans la nomination » renvoie à l’indétermination des situations qui fragilise les opérations de catégorisation et rend incertaine la possibilité de qualifier objectivement les maux des jeunes. Distinguer entre trouble psychique à faire reconnaître et expressions ordinaires de l’adolescence relève souvent d’une opération complexe. Dans un contexte où le diagnostic conditionne l’accès aux droits, les praticien·ne·s se trouvent amené·e·s à endosser une fonction de qualification parfois sans en détenir pleinement la légitimité institutionnelle. Cette position de « diagnosticien·ne·s profanes » les confronte à des embarras de nomination pris dans un dilemme : nommer pour ouvrir des droits au risque de figer les situations dans des catégories réductrices ou suspendre la nomination au risque de priver les jeunes de soutiens essentiels.
Ce dilemme de la nomination reste-t-il une simple difficulté pratique pour les intervenant·e·s, ou révèle-t-il, selon vous, un problème plus structurel dans la manière dont nos politiques publiques organisent l’accès aux droits ?
Ces embarras rendent effectivement plus largement compte des limites d’une organisation des politiques publiques fondée sur une approche catégorielle stricte, où l’accès aux ressources est subordonné à l’inscription dans des catégories diagnostiques instituées et stabilisées. Une telle logique tend à rigidifier des trajectoires pourtant mouvantes, à renforcer les effets de médicalisation de problèmes d’origine sociale, tout en exposant en miroir le risque inverse de minimisation des souffrances lorsque celles-ci échappent aux catégories reconnues.
Face à ces impasses, quelles pistes distinguez-vous pour sortir de cette logique binaire ?
Cette tension invite à penser des alternatives aux politiques strictement catégorielles davantage centrées sur les situations et les besoins afin de mieux saisir la complexité des trajectoires et la variabilité d’expression de la souffrance. L’enjeu dépasse donc la seule question de la nomination pour engager un nécessaire rapprochement interdisciplinaire et interinstitutionnel entre les champs de la santé et du social, notamment entre psychiatrie et insertion. Un tel décloisonnement permettrait sans doute de mieux articuler les logiques de soin, d’accompagnement et d’accès aux droits, en tenant ensemble les lectures cliniques et les lectures sociales des situations.
Vous suggérez que ce sont les bénéficiaires qui absorbent les chocs des dysfonctionnements entre les secteurs de la santé et de l’insertion). Avez-vous identifié des mécanismes concrets par lesquels les praticien·nes tentent d’amortir ces chocs, ou assistez-vous souvent, malgré leur bonne volonté, à un jeu de « patate chaude » qui laisse les jeunes sans prise en charge adaptée ?
Les « carambolages interinstitutionnels » désignent les effets de désajustement entre des systèmes (santé, insertion, assurances) structurés par des logiques distinctes. Ces désynchronisations se traduisent par des parcours discontinus, dont les jeunes accompagné·es supportent en bonne partie les coûts. J’ai pu observer que les praticien·nes cherchent à en atténuer les effets en développant des pratiques de coordination, de traduction et d’ajustement des orientations, ainsi que, parfois, des formes de résistance implicites ou explicites aux cadres institutionnels. Il s’agit, ce faisant, de rendre compatibles des temporalités et des critères d’intervention hétérogènes. Toutefois, ces tentatives se heurtent à des contraintes structurelles fortes, qui entravent la continuité des prises en charge. Il en résulte des situations de circulation, voire de relégation, au sein desquelles la responsabilité se diffuse sans jamais être pleinement assumée.
Cette posture créative révèle une compétence discrète, mais essentielle, située au croisement de l’éthique pratique, de la créativité professionnelle et de la gestion des injonctions contradictoires.
À cet égard, une intervenante rencontrée au Québec m’évoquait le parcours d’une jeune ayant circulé pendant près d’une décennie entre différents dispositifs d’insertion, marqué par une succession d’échecs, sans déboucher sur une insertion durable sur le marché du travail. Ce n’est qu’au terme de ce long cheminement qu’elle a été reconnue comme présentant des « contraintes sévères à l’emploi », catégorie administrative ouvrant droit à une aide spécifique dans le cadre du programme de solidarité sociale. Cette reconnaissance repose notamment sur l’attestation, par expertise médicale et socioprofessionnelle, de limitations durables ou permanentes empêchant l’exercice d’un emploi régulier.
Vous décrivez des ajustements fins tels que la « méthode des petits pas » ou des « espaces potentialisants » qui semblent se situer dans l’informel, voire dans une certaine « clandestinité des compétences ». Les praticien·nes ont-ils et elles conscience de « bricoler » ainsi en dehors des cadres prescrits ?
Les ajustements observés relèvent souvent d’un travail à la marge des prescriptions, que l’on peut qualifier de « bricolage » au sens noble. Les praticien·nes mobilisent des ressources informelles pour maintenir des marges de manœuvre dans des cadres contraints et disposent en réalité d’une conscience variable, mais réelle de ce décalage entre l’action prescrite et l’action effectivement réalisée.
Cette posture est-elle vécue comme une source de souffrance éthique ou comme un espace de créativité professionnelle nécessaire pour faire face aux injonctions contradictoires ?
Cette créativité est ambivalente. Elle peut générer une forme de souffrance éthique, liée à l’écart entre les prescriptions institutionnelles et ce qui est jugé pertinent au regard des situations concrètes. Mais elle constitue également une condition de possibilité de l’action, en permettant de soutenir des « espaces potentiels », où les jeunes peuvent expérimenter sans être immédiatement exposés aux exigences de performance ou à la sanction de l’échec. Dans cette perspective, une part du travail d’accompagnement relève aussi d’un travail fictionnel au sens pragmatique : faire « comme si » certaines conditions étaient réunies, maintenir des scénarios d’insertion provisoires ou encore aménager des cadres d’interaction qui tiennent davantage par leur valeur opératoire que par leur conformité stricte aux prescriptions. Cette dimension fictionnelle n’est pas un mensonge, mais une suspension temporaire de certaines contraintes de réalité afin de rendre l’action possible et d’être agissant pour les jeunes. Ce travail, peu visible et rarement reconnu institutionnellement, est pourtant central dans les processus de capacitation et dans la continuité des parcours. Il révèle ainsi une compétence discrète, mais essentielle, située au croisement de l’éthique pratique, de la créativité professionnelle et de la gestion des injonctions contradictoires.
Le dernier chapitre conceptualise l’« agir liminal » comme une pratique contemporaine fluide et située dans l’entre-deux. En quoi cette façon d’agir répond-elle spécifiquement aux particularités de la génération actuelle de jeunes en souffrance ?
Initialement forgée en anthropologie pour désigner les phases de seuil au sein des rites de passage, la notion de liminalité renvoie à des états transitoires, ambigus et indéterminés, situés entre deux positions sociales stabilisées. Reprise ici de manière décalée, elle est moins mobilisée pour qualifier des situations que pour éclairer une modalité d’intervention : ce que l’on peut appeler un agir liminal. L’agir liminal désigne ainsi une manière d’intervenir à la fois souple, molle, située et provisoire, attentive aux processus plutôt qu’aux états stabilisés. Il s’agit d’accompagner des trajectoires incertaines sans chercher à les normaliser prématurément. Cette approche entre en résonance avec les transformations contemporaines des parcours de jeunesse, marqués par la prolongation des transitions et l’instabilité des repères. L’agir liminal valorise dès lors des formes d’expérimentation, de latence et de réversibilité, et suppose de suspendre, au moins temporairement, les exigences de résultat afin de soutenir des dynamiques fragiles. En ce sens, il constitue une réponse située aux limites des modèles d’insertion linéaires.
Au-delà de la seule jeunesse, cette pratique fluide de l’« agir liminal » ne s’inscrit-elle pas plus largement comme une nouvelle norme pour l’ensemble du travail social ?
Dans une lecture baumanienne (2006) de la modernité liquide, cet agir liminal peut être interprété comme une pratique inscrite dans un contexte marqué par l’instabilité des cadres institutionnels, la fragilisation des parcours biographiques et la fluidification des repères normatifs. Dans un tel environnement, les trajectoires peinent à se stabiliser durablement et les dispositifs eux-mêmes doivent composer avec des situations en recomposition constante. L’agir liminal apparaît dès lors moins comme une innovation marginale que comme une modalité ordinaire de l’intervention sociale dans la modernité liquide où les professionnel·les sont continuellement amené·es à ajuster, différer ou reconfigurer leurs modes d’action pour faire face à des parcours devenus eux-mêmes fluctuants, réversibles et difficilement linéarisables.
Votre conclusion soulève un enjeu politique majeur : le maintien de nombreux·ses jeunes dans des « limbes », c’est-à-dire dans une transition interminable, par peur de les orienter trop tôt vers le handicap ou de les lancer prématurément sur le marché du travail. Ne risque-t-on pas, sous couvert de bienveillance, de perpétuer une précarité durable ?
La question des « limbes » met en lumière une tension entre prudence professionnelle et indécision politique. Retarder une orientation peut être nécessaire pour éviter des assignations prématurées, mais ce report peut aussi se transformer en immobilisation. Le risque est alors de produire une forme de précarité durable où les jeunes demeurent dans des dispositifs sans perspective claire. La frontière entre accompagnement prudent et renoncement tient sans doute à la capacité à maintenir des horizons d’action, même fragiles et révisables. Lorsque l’attente devient une finalité en soi, elle cesse d’être protectrice pour devenir une forme d’abandon institutionnel. À l’inverse, accompagner suppose de tenir ensemble temporalité longue et décisions ajustées, sans céder ni à la précipitation ni à l’indétermination prolongée. Dans cet équilibre fragile, l’enjeu est de préserver une part d’espoir, non comme promesse de résolution, mais comme maintien des possibles, une capacité d’agir et de transformer, là où tout tend pourtant à se figer.
(Propos recueillis par Céline Rochat)
Bibliographie
Antoine Sansonnens, «Troubles dans l’insertion« Rendre capables » des jeunes souffrant psychiquement» , Ed. Seismo, 2026, 374 pages. Disponible à l'achat ou en Open Access
Une étude établit une stabilité globale de la confiance sociale en Suisse depuis 2002. Toutefois, un clivage générationnel s’accentue: la confiance des plus de 65 ans progresse, celle des 14-25 ans stagne à un niveau inférieur.
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La confiance sociale, pilier des démocraties et de la cohésion collective, ne subit aucune érosion généralisée en Suisse. Tel est le constat ferme de Claire Janssen, Ursina Kuhn et Marieke Voorpostel, chercheuses au centre FORS, dans une analyse parue en mai 2026. Fondée sur les données du Panel suisse de ménages (2005-2024) et de l’European Social Survey (2002-2022), l’enquête dessine une trajectoire nationale rassurante, à contre-courant du déclin observé outre-Atlantique ou dans certaines régions d’Asie et d’Afrique. Si le niveau moyen de confiance a atteint un pic vers 2017 avant de se stabiliser, cette moyenne occulte une divergence structurelle selon l’âge.
L’analyse détaillée met en exergue un phénomène inédit depuis deux décennies : l’élargissement du fossé intergénérationnel. D’une part, la confiance des personnes de plus de 65 ans a progressé de manière significative, culminant en 2024. D’autre part, celle des 14-25 ans a reflué entre 2014 et 2022. Une légère inflexion positive s’observe depuis, mais le niveau demeure inférieur à celui des autres tranches d’âge.
Cette dynamique résulte de la conjugaison de deux effets. Le premier est lié au cycle de vie : la confiance croît naturellement avec l’âge, processus de socialisation qui s’étend jusqu’à la retraite. Le second, historique, tient à l’appartenance cohortale. Les baby-boomers (né·es entre 1946 et 1964) conservent le niveau de confiance le plus élevé, héritage probable d’un contexte d’après-guerre marqué par l’optimisme et la croissance. À l’inverse, la génération Z (née depuis 1997) affiche, à âge comparable, une défiance légèrement plus marquée que les millennials.
Les chercheuses refusent toute explication monocausale pour qualifier ce ralentissement chez les jeunes. Celui-ci s’inscrit dans un contexte de crises multiples — changement climatique, pandémie, crise sécuritaire — tel que décrit dans l’étude. En Suisse, ce sentiment s’exacerbe face à la précarité économique, au manque de logements abordables et à l’utilisation néfaste des réseaux sociaux. Le sentiment de sécurité personnelle et l’optimisme quant à l’avenir, deux moteurs essentiels de la confiance, se sont érodés chez les plus jeunes au cours des vingt dernières années.
Si le niveau de formation agit comme un levier puissant — les titulaires d’un degré tertiaire manifestant systématiquement plus de confiance que celles et ceux disposant d’une formation obligatoire —, il ne résorbe pas l’écart générationnel. Les auteures appellent à une vigilance accrue. En l’absence de « crise de confiance » avérée, le remplacement progressif des baby-boomers par des cohortes plus sceptiques menace, à terme, la stabilité du capital social helvétique. Pour les politiques publiques et le travail social, l’urgence réside désormais dans la compréhension et le soutien aux mécanismes de reconstruction de la confiance chez les jeunes adultes.
(Source : Social Change in Switzerland)
Référence
Janssen, C., Kuhn, U. & Voorpostel, M. (2026). Confiance sociale en Suisse (2002-2024) : les aînés progressent, les jeunes stagnent. Social Change in Switzerland, N° 44. doi : 10.22019/SC-2026-00003
Un rapport genevois documente l’ampleur des violences sexistes, sexuelles et LGBTIQ+phobes subies par les personnes LGBTIQ+ dans tous les contextes de vie, ainsi qu’un recours limité aux dispositifs d’aide.
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À Genève, les violences envers les personnes LGBTIQ+ apparaissent à la fois massives et diffuses. Publié le 28 avril 2026, le rapport spécifique de l’enquête Iceberg met en évidence un phénomène systémique, documenté à partir d’un échantillon de 463 personnes adultes.
Dans l’espace public, 93,6% des femmes lesbiennes et bisexuelles, 88,9% des personnes trans et non binaires et 78,5% des hommes gays et bisexuels déclarent avoir subi des violences. Le cadre professionnel est également fortement concerné, avec des taux atteignant 68,9% pour les personnes trans et non binaires. Les espaces privés et numériques complètent ce continuum de violences.
Ces situations ont des effets concrets sur les comportements : 44,5% des personnes concernées déclarent modifier leur manière d’occuper l’espace public à la suite de violences.
Les conséquences dépassent la seule sphère individuelle. Elles affectent la santé physique et mentale, mais aussi les trajectoires de formation, l’insertion professionnelle et l’accès aux espaces de vie.
Parmi les personnes ayant subi des violences en couple, des troubles psychologiques sont rapportés par 51,1% des personnes trans et non binaires, 41,9% des femmes lesbiennes et bisexuelles et 28,5% des hommes gays et bisexuels. Par ailleurs, 22,2% des personnes LGBTIQ+ évoquent des atteintes graves à leur santé mentale. Le harcèlement obsessionnel concerne 54,2% des personnes LGBTIQ+, contribuant à des situations d’isolement.
Ces violences s’inscrivent dans un contexte de discriminations persistantes. Ainsi, 29,6% des hommes hétérosexuels interrogés considèrent comme normal qu’un parent ressente de la déception ou de la colère si son enfant est LGBTIQ+.
Malgré leur gravité, ces violences donnent lieu à un faible recours aux aides formelles. Ainsi, 60,9% des personnes LGBTIQ+ n’ont sollicité aucun soutien après une violence subie dans l’espace public ayant des conséquences sur leur santé ou leur comportement. Lorsqu’une aide est recherchée, elle passe principalement par l’entourage ou par des professionnel·les de la santé.
Le rapport souligne que le réseau institutionnel et associatif ne prend en charge qu’une partie des personnes concernées, mettant en évidence des enjeux d’accès, de lisibilité et de confiance envers les dispositifs existants.
(Source : communiqué de presse)
Voir le Résumé exécutif du Rapport spécifique LGBTIQ+
Voir le Rapport spécifique LGBTIQ+
Le Conseil fédéral a adopté un programme 2026-2030 pour prévenir la violence et la négligence envers les personnes âgées. Coordonné par l’Office fédéral des assurances sociales, il s’appuiera sur les structures existantes.
© Sabine van Erp / Pixabay / CCLe Conseil fédéral a adopté, le 20 mars 2026, un programme d’impulsion destiné à renforcer la prévention et la détection précoce de la violence envers les personnes âgées. Prévu de 2026 à 2030, ce programme sera coordonné par l’Office fédéral des assurances sociales. Sa mise en œuvre sera assurée en grande partie par des organisations nationales d’aide à la vieillesse.
Selon les estimations citées par la Confédération, entre 300'000 et 500'000 personnes de 60 ans ou plus subissent chaque année une forme de violence ou de négligence en Suisse. Il peut s’agir de violences physiques, psychologiques ou économiques, ou encore d’un manque d’aide. Ces situations surviennent le plus souvent dans des relations de confiance, notamment dans les contextes de l’assistance et des soins.
Élaboré par l’Office fédéral des assurances sociales avec des acteur·trices des domaines de la vieillesse, de la santé, des soins, des affaires sociales, de la violence, de la justice, de la police et de la protection de l’adulte, ce programme vise à prévenir les situations de maltraitance, à mieux les repérer et à y répondre de manière appropriée.
Le document prévoit quatre champs d’action : l’échange et la coordination, la transmission de connaissances et la sensibilisation, le développement et la promotion d’offres axées sur les besoins, ainsi que les bases et stratégies.
En raison de la situation financière de la Confédération, le programme sera déployé à l’aide des instruments existants. Les organisations nationales d’aide à la vieillesse, déjà soutenues au titre de l’article 101bis de la loi fédérale sur l’assurance-vieillesse et survivants, sont appelées à jouer un rôle central dans cette mise en œuvre. Une collaboration avec les cantons et d’autres partenaires est également prévue.
Les premières activités devraient débuter au second semestre 2026.
(Source : communiqué de presse)
Voir le « Programme d’impulsion pour prévenir la violence sur les personnes âgées »
Les personnes LGBTIQA+ présentent en Suisse une santé psychique moins bonne que la population générale. Une alliance d’organisations publie une stratégie appelant à agir contre les discriminations.
© pikisuperstar / FreepikEn Suisse, les personnes LGBTIQA+ présentent une santé psychique moins bonne que celle de la population générale. Ce constat ressort notamment d’un rapport de recherche consacré à la santé psychique et à la résilience des personnes LGBTIQA+ en Suisse, publié en 2025.
Dans le prolongement de ces travaux, plusieurs organisations ont élaboré la « Stratégie LGBTIQA+ Mental Health », publiée sous forme numérique le 5 mars. Le document a été coordonné par les associations faîtières LOS, Pink Cross, TGNS et InterAction, en collaboration avec plus de quinze organisations queer, ainsi qu’avec des expert·es de la recherche et de la pratique. Des entretiens individuels ont également été menés avec des personnes concernées, parallèlement à des échanges avec différentes organisations.
La stratégie vise à informer les milieux politiques et sanitaires des mesures jugées nécessaires pour améliorer la santé psychique des personnes LGBTIQA+. Elle appelle notamment à renforcer l’ancrage politique de cette thématique dans les stratégies publiques, les programmes de prévention et les mécanismes de financement.
Le document plaide aussi pour un meilleur accès à des soins exempts de discriminations, ainsi que pour un développement des compétences professionnelles. Les réalités de vie LGBTIQA+ devraient ainsi être davantage intégrées dans la formation, la formation continue et la pratique des professionnel·les de la santé.
La stratégie souligne également l’importance des organisations communautaires, qui contribuent à créer un sentiment d’appartenance et favorisent la santé psychique. Enfin, elle rappelle que l’égalité juridique et sociale constitue un facteur déterminant de promotion de la santé.
Pour les organisations engagées dans cette démarche, la publication de cette stratégie doit désormais permettre de faire entendre ces revendications auprès des institutions et de favoriser leur mise en œuvre. Les auteurices du document rappellent que l’amélioration de la santé psychique des personnes LGBTIQA+ constitue un enjeu de santé publique.
(Source : communiqué de presse)
Rapport de recherche « Santé psychique et résilience des personnes LGBTIQA+ en Suisse », 2025
Alliance LGBTIQA+ pour la santé psychique, Stratégie LGBTIQA+ Mental Health, 2026
Entre 2012 et 2022, le taux de pauvreté dans le canton de Vaud est passé de 5% à 3.9%. Le «Rapport social 2026» souligne l’effet déterminant du dispositif social, tout en mettant en lumière un non-recours pouvant atteindre 30%.
© État de VaudPublié le 26 février 2026, le Rapport social du Canton de Vaud analyse la situation sociale de la population entre 2012 et 2022 et évalue les effets de la politique sociale, y compris durant la pandémie de COVID-19. Troisième édition après ceux parus en 2011 et 2017, ce document met en évidence une amélioration globale du niveau de vie, tout en révélant des évolutions contrastées selon l’âge et la composition des ménages.
Entre 2012 et 2022, le niveau de vie médian progresse de 4.5% en termes réels. Il augmente notamment pour les personnes de 65 ans et plus, ainsi que pour les couples avec un ou deux enfants. Les femmes seules avec un ou deux enfants voient également leur niveau de vie médian progresser de 4.1%. En revanche, celui des personnes seules de 25 à 64 ans recule de 1.4%. La progression globale masque ainsi des situations plus fragiles pour certains types de ménages.
Le taux de pauvreté absolue, calculé selon le seuil défini par la Conférence suisse des institutions d’action sociale, diminue de 5% à 3.9% entre 2012 et 2022. En 2022, sans prestations sous condition de ressources, il s’élèverait à 11.1%, soit près de trois fois plus.
L’impact est particulièrement marqué pour certains groupes. Pour les femmes seules avec un ou deux enfants, le taux de pauvreté s’établit à 8.6% en 2022 avec prestations, contre 25.9% sans celles-ci. Pour les personnes de 65 ans et plus, il passe de 1.6% avec prestations à 11.8% sans soutien financier.
Les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI, les subsides à l’assurance-maladie, les prestations complémentaires pour familles et le revenu d’insertion figurent parmi les dispositifs qui contribuent le plus à cette réduction.
Le rapport relève également que la pauvreté est le plus souvent transitoire. Sur l’ensemble de la période 2012-2022, 10.7% de la population résidant dans le canton a connu au moins un épisode de pauvreté absolue. Parmi ces personnes, 58% n’ont vécu qu’un épisode limité à une ou deux années consécutives, tandis qu’une part plus restreinte connaît des épisodes répétés ou prolongés.
Pour la première fois, le Canton publie également des données sur le non-recours aux prestations sous condition de ressources. En 2022, 22% des ayants droit aux prestations complémentaires pour familles, 25% aux subsides à l’assurance-maladie et 30% au revenu d’insertion n’y recourent pas. En 2020, le taux s’élevait à 23% pour les prestations complémentaires à l’AVS.
Une étude qualitative menée par l’Observatoire des précarités de la Haute école de travail social et de la santé Lausanne identifie des facteurs individuels et structurels: méconnaissance des droits, crainte de stigmatisation, perception de contrôles jugés excessifs ou charge administrative importante.
Ces résultats soulignent que l’efficacité redistributive des prestations dépend aussi de leur accessibilité concrète. Plusieurs dispositifs — notamment des projets pilotes du programme «Vaud pour vous», des initiatives régionales d’action sociale et la hotline cantonale Centrale des solidarités — visent à renforcer l’information et l’orientation des personnes concernées.
(Source : communiqué de presse)
Voir le Rapport final de l'Étude qualitative sur le non-recours au Revenu d’insertion de la HETSL
Un bref sommeil restaure la plasticité cérébrale et optimise la mémorisation, selon une étude germano-suisse publiée dans NeuroImage.
© Karolina Grabowska / Pexels
Une sieste d’environ 45 minutes suffit à réguler l’activité cérébrale et à renforcer la capacité d’apprentissage. C’est ce que démontre une étude menée par l’Hôpital universitaire de Freiburg, les Hôpitaux universitaires de Genève et l’Université de Genève, parue dans la revue NeuroImage. Pour la première fois, des effets bénéfiques comparables à ceux d’une nuit complète de sommeil ont été observés après un court endormissement.
Le cerveau, saturé par une activité synaptique intense durant la journée, peine à encoder de nouvelles informations. Le sommeil permet de réduire cette surcharge sans effacer les données essentielles. « Cette étude montre que ce “redémarrage synaptique” se produit déjà après une sieste et que de nouvelles informations peuvent ensuite être potentiellement mieux stockées », explique Christoph Nissen, médecin-chef du Service des spécialités psychiatriques aux HUG et professeur au Département de psychiatrie de l’UNIGE.
L’étude a porté sur vingt jeunes adultes en bonne santé. Chacun·e a participé à deux sessions expérimentales, au cours de deux après-midis distincts : l’une incluant une sieste, l’autre non. La sieste durait en moyenne 45 minutes. La stimulation magnétique transcrânienne et l’électroencéphalogramme ont été utilisés pour mesurer, de manière non invasive, la force et la flexibilité des synapses.
Les résultats sont sans équivoque : la force synaptique globale diminuait après la sieste, signe d’un effet réparateur, tandis que la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions augmentait. Le sommeil, même bref, rendait donc le cerveau plus apte à encoder de nouvelles informations que s’il était resté éveillé.
« Un court sommeil peut aider à retrouver une clarté d’esprit et à rester concentré », précise Kai Spiegelhalder, directeur de la section de recherche psychiatrique sur le sommeil et de médecine du sommeil à Freiburg. Ces bénéfices cognitifs immédiats pourraient être particulièrement utiles dans des contextes professionnels exigeants — domaines artistiques, sportifs ou secteurs critiques pour la sécurité — où une sieste stratégique permettrait de maintenir l’efficacité malgré la charge de travail.
Les auteur·es insistent toutefois sur un point important : des problèmes de sommeil ponctuels ne sont pas synonymes de baisse automatique de performance. En cas d’insomnie chronique, les mécanismes de régulation du sommeil restent globalement intacts. Ce sont les inquiétudes associées à l’incapacité de s’endormir qui perturbent le plus les fonctions cognitives. Dans ces situations, la thérapie cognitive comportementale de l’insomnie (TCC-I) est à privilégier plutôt que les somnifères, lesquels nuisent aux processus naturels de récupération et peuvent engendrer une dépendance.
(Source : communiqué de presse)
Référence
Christoph Nissen et al., « A short nap resets synaptic strength and improves learning capacity », NeuroImage, 2026. DOI : 10.1016/j.neuroimage.2026.121723
Une brochure actualisée éclaire les droits au travail des personnes réfugiées et combat les préjugés qui entravent leur accès à l’emploi.
© asile.ch
Peut-on engager une personne détentrice d’un permis N ? Le statut F permet-il un emploi durable ? Faut-il attendre la fin d’une procédure d’asile pour proposer un poste ? Autant de questions fréquentes auxquelles répond la brochure « Réfugié·es & emploi. Au-delà des idées reçues », récemment enrichie de onze pages et désormais accessible en version web augmentée.
Portée par l’association asile.ch, cette publication vise à outiller les employeur·euses et les professionnel·les de l’insertion face à une législation souvent mal comprise. Elle ambitionne aussi de déconstruire les stéréotypes tenaces concernant les compétences, la stabilité ou la capacité d’adaptation des personnes réfugiées, quels que soient leurs statuts de séjour.
Les personnes titulaires d’un permis B ou F — réfugié·es statutaires ou personnes admises à titre provisoire — peuvent travailler immédiatement dans tous les cantons et dans tous les secteurs d’activité, moyennant une simple annonce en ligne. Pour les permis N ou le statut S, une autorisation cantonale est requise. Contrairement à une affirmation figurant dans la version imprimée, ces personnes peuvent exercer une activité professionnelle dès leur sortie d’un Centre fédéral d’asile.
En matière de cours de langue, un addendum mis à disposition des lecteur·trices corrige également une confusion entre le Programme d’aide vers l’emploi (PAVE), dispositif cantonal genevois, et le programme fédéral de soutien à l’intégration professionnelle.
Structurée en modules thématiques, la brochure répond aux interrogations concrètes liées à l’embauche : démarches administratives, lecture de CV atypiques, compétences linguistiques, aides disponibles. Elle s’appuie sur des témoignages, comme celui de Yasemin, employée dans une institution, diplômée d’une HETS et réfugiée statutaire, qui déclare : « Le recruteur ne voyait en moi que la réfugiée. »
Initialement pensée pour les responsables des ressources humaines, la publication se révèle également utile aux personnes concernées, ainsi qu’aux associations et structures les accompagnant. Elle contribue à réduire les obstacles à l’emploi, à favoriser l’autonomie des personnes réfugiées et à promouvoir une approche fondée sur le droit et la reconnaissance des compétences.
Des compléments numériques — podcasts, données actualisées, contacts cantonaux — sont disponibles sur le site asile.ch/emploi.
(CROC, avec asile.ch)
Référence
Vivre Ensemble (2022, version augmentée 2026), Réfugié·es & emploi. Au-delà des idées reçues, Genève. Télécharger la brochure
AvenirSocial vient de dévoiler une refonte intégrale de son Code de déontologie, quinze ans après la version précédente. Cette révision d'envergure répond aux mutations contemporaines du champ professionnel.
© AvenirSocial
Bien davantage qu'une réédition du texte de 2010, le nouveau Code de déontologie du travail social en Suisse entreprend une reconfiguration substantielle des fondements déontologiques du travail social helvétique. L'architecture du document s'ordonne désormais autour d'un triptyque conceptuel : dignité humaine, droits humains et justice sociale. Ancrée dans les définitions et principes éthiques de l'IFSW/IASSW (2014 et 2018) ainsi que dans la Constitution fédérale, cette refonte intègre les problématiques émergentes que constituent le développement durable et la transition numérique.
Le document de base décline sept principes directeurs : intégrité, participation, autodétermination, respect de la diversité, interdiction de la discrimination, durabilité et prévention. Ces principes guident l'exercice professionnel quotidien et constituent le socle de la réflexion déontologique.
Le Code s'enrichit de ressources d'accompagnement destinées à approfondir la réflexion déontologique : assises théoriques, préconisations concrètes, illustrations tirées de la pratique professionnelle et instruments d'analyse des dilemmes éthiques. Cet ensemble comprend notamment des chartes spécifiques (prévention des abus sexuels, langage inclusif, protection des données), des podcasts thématiques, des outils méthodologiques ainsi que la « Charte pour un travail écosocial en Suisse », adaptation helvétique élaborée par AvenirSocial. Ces ressources évolueront au gré des interrogations émanant de la pratique.
AvenirSocial annonce s’imposer la déontologie comme axe prioritaire au cours des prochains mois. La Journée nationale des travailleur·ses sociaux·ales de mai 2026 accueillera plusieurs ateliers consacrés à cette thématique.De plus, un webinaire programmé le 3 mars 2026 permettra à Camille Naef, co-secrétaire générale d'AvenirSocial, d'exposer la genèse, la substance et l'armature conceptuelle de ce nouveau référentiel.
(Source : Avenir Social)

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