À Saint-Gall, l’Empa a mis au point un matériau qui libère un antiseptique lorsqu’il est exposé à une LED. Destinée à terme aux plaies chroniques infectées, cette technologie n’a pour l’instant été testée qu’en laboratoire.
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Traiter une plaie sans devoir nécessairement rouvrir le pansement pour y appliquer un produit : c’est la piste explorée par une équipe de l’Empa, le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche, à Saint-Gall. Les scientifiques ont développé un matériau capable de libérer un principe actif sous l’effet d’une lumière visible. Cette approche pourrait, à terme, être intégrée à un pansement afin de déclencher localement l’action d’un antiseptique.
Le dispositif reste toutefois loin d’une utilisation courante. L’Empa précise qu’il a été développé en laboratoire et testé jusqu’ici exclusivement en éprouvette. Avant toute application auprès de patient·es, il devra être adapté aux besoins cliniques, puis évalué dans plusieurs phases d’essais.
L’enjeu concerne en particulier les plaies chroniques, qui représentent une charge importante pour les personnes concernées comme pour les équipes de soins. Elles peuvent notamment survenir chez des personnes atteintes de diabète. Selon l’Office fédéral de la santé publique, près d’un demi-million de personnes vivent avec différentes formes de diabète en Suisse. Lorsque la maladie affecte les systèmes vasculaire et nerveux, une plaie au pied peut cicatriser difficilement et devenir chronique.
Ces situations nécessitent souvent un suivi prolongé. Lla prise en charge des plaies chroniques implique en effet des contrôles réguliers et des changements de pansements répétés, parfois pendant plusieurs mois. Elle mobilise fréquemment plusieurs professions, dont la dermatologie, la chirurgie et les soins infirmiers.
Le matériau développé par l’équipe de Luciano Boesel et Giorgia Giovannini repose sur des nanoparticules de dioxyde de silicium chargées avec de la chlorhexidine, un antiseptique utilisé dans le traitement des plaies. Ces particules sont entourées d’une enveloppe polymère sensible à la lumière. Lorsqu’elle est exposée à une LED, cette enveloppe devient perméable et laisse sortir la chlorhexidine. Quand la lumière est éteinte, la libération du produit s’interrompt.
L’intérêt recherché est de mieux contrôler le moment et la quantité de principe actif délivré dans la plaie. Une telle précision pourrait permettre d’adapter plus finement le traitement local, mais son effet réel sur la cicatrisation, la fréquence des soins ou les complications devra être démontré cliniquement.
Les premiers résultats publiés dans Advanced Functional Materials portent sur des tests menés contre deux bactéries associées à des infections de plaies, Staphylococcus aureus et Escherichia coli. L’étude décrit une activité antibactérienne contrôlée après irradiation, ainsi qu’une bonne viabilité de fibroblastes dermiques humains dans les conditions testées.
À plus long terme, l’Empa envisage de combiner ce type de matériau avec un capteur capable d’identifier les bactéries présentes dans la plaie. Le traitement pourrait alors être ajusté selon l’évolution de l’infection. Entre cette perspective et la pratique clinique, l’étape décisive sera désormais de vérifier si ce contrôle par la lumière apporte un bénéfice mesurable aux personnes suivies pour des plaies chroniques.
(Source : communiqué de presse)