Dix ans après sa création, le projet Plusvalue compte désormais vingt‑huit sites, dont deux en Suisse romande. Ce réseau d’insertion professionnelle revend des objets sur Ricardo, en combinant réemploi, formation pratique et activités logistiques.
© PexelsLa peluche Bob l’éponge vendue trois francs en 2016 appartient désormais à l’histoire fondatrice du projet Plusvalue. Dix ans plus tard, ce modèle d’insertion par la seconde main est devenu un réseau national, appuyé sur une activité simple en apparence : transformer des objets inutilisés en supports de travail, de formation et de réinsertion.
Le dispositif, né sous le nom de Projekt Restwert, s’adresse à des personnes engagées dans des programmes d’insertion ou de réinsertion professionnelle. Il transforme une activité commerciale ordinaire — vendre en ligne des objets de seconde main — en support d’accompagnement, d’apprentissage et de reprise de rythme professionnel.
Son principe repose sur une chaîne de travail complète. Des particuliers déposent des objets dont ils souhaitent se séparer. Les participant·es les trient, les nettoient, les photographient, rédigent les annonces, suivent les paiements, emballent les colis et les expédient. La moitié du prix de vente revient aux personnes déposantes ; l’autre moitié finance l’activité du dispositif.
L’intérêt du modèle tient moins à la revente elle-même qu’aux compétences qu’elle mobilise. Les tâches confiées touchent à la logistique, à l’administration, à la rédaction d’annonces, à la relation clientèle, à l’e-commerce et à la gestion numérique des processus. Pour des personnes éloignées du marché du travail, elles offrent une activité réelle, structurée et liée à des pratiques professionnelles actuelles.
Selon Grundlagenwerk SA, le réseau propose aujourd’hui 419 postes de travail, dont 36 places d’apprentissage CFC ou AFP. En 2025, plus de 33’000 articles auraient été vendus et 269’000 francs reversés aux personnes ayant confié leurs objets au projet.
Le développement repose sur un modèle de franchise sociale. Des organisations partenaires exploitent localement un site Plusvalue, tandis que Grundlagenwerk SA fournit le concept, les outils, les processus, la formation et une coordination nationale. Le premier partenaire externe a rejoint le réseau en 2019, à Pratteln. Le projet s’est ensuite implanté en Suisse romande, avec un premier site francophone à Lausanne en 2023, puis un dans le canton de Neuchâtel.
Les entreprises participent également à ce circuit. À Dintikon, l’un des sites remet, par exemple, en vente des retours de marchandises provenant du centre logistique de Digitec Galaxus. Brack.ch confie également une partie de ses retours au réseau, selon les informations communiquées par Grundlagenwerk SA. Ces collaborations ajoutent aux dépôts de particuliers un autre flux d’objets à traiter, et exposent les participant·es à des tâches proches des pratiques ordinaires de la logistique et du commerce en ligne, tout en évitant l’élimination de produits encore utilisables.
Le réseau annonce désormais vouloir développer de nouveaux contenus de formation, notamment autour de l’intelligence artificielle, en collaboration avec la Société suisse des employés de commerce. Pour les professionnel·les de l’insertion, l’essor de Plusvalue confirme une tendance : les compétences numériques, commerciales et logistiques deviennent des terrains centraux de réinsertion.
(CROC, avec communiqué de presse)
Voir le site du projet (en allemand)