Selon une enquête d’Unia publiée dans le Rapport sur le racisme 2025, 35% des apprenti·e·s en Suisse subissent des discriminations raciales, une situation aux impacts sanitaires majeurs.
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Le système dual de formation professionnelle en Suisse, souvent érigé en modèle d’intégration, peine à protéger ses jeunes acteur·rices face aux discriminations raciales. Le Rapport sur le racisme 2025, publié par le Réseau des centres de consultation pour les victimes de racisme et relayé par l’organisation humanrights.ch, souligne que le domaine de l’éducation concentre le plus grand nombre de cas recensés. Ces constats s’appuient notamment sur une enquête participative menée en 2024 par le syndicat Unia auprès de 1’100 apprenti·e·s, laquelle met en lumière une exposition marquée au racisme au sein des entreprises formatrices. Loin de se limiter à des incidents isolés, ces pratiques révèlent des carences structurelles aux conséquences sanitaires alarmantes.
Les chiffres avancés par l’étude d’Unia sont sans équivoque : 35% des apprenti·e·s déclarent avoir été confrontés à des situations de racisme durant leur parcours, et 12% en font l’expérience de manière fréquente. Ce taux est nettement supérieur aux 17% observés dans l’ensemble de la population suisse, selon les indicateurs officiels du Département fédéral de l’intérieur. Cette surreprésentation s’explique par la position de subordination hiérarchique et la précarité statutaire inhérentes au statut d’apprenti·e, limitant les possibilités de réaction ou de signalement.
Les conséquences de cette exposition dépassent le cadre professionnel pour impacter directement la santé publique. L’enquête établit un lien direct entre le racisme vécu, l’augmentation du stress professionnel et l’épuisement en dehors du travail. Dans une perspective intersectionnelle, ces discriminations se cumulent souvent avec d’autres formes de violences, notamment liées au genre, exacerbant les risques de troubles anxieux, dépressifs ou de maladies cardiovasculaires chez des jeunes en début de vie active.
Au-delà des insultes ou des mises à l’écart, l’enquête qualitative met en exergue une compréhension systémique du racisme développée par les concerné·es. Certain·es apprenti·es identifient des mécanismes discriminatoires intégrés aux normes mêmes de la formation. À l’instar de cette apprentie coiffeuse soulignant l’absence d’enseignement sur les soins des cheveux texturés, les témoignages révèlent comment l’invisibilisation de certains corps et besoins constitue une forme de racisme structurel.
Pourtant, la reconnaissance de ces faits se heurte à de nombreux obstacles. Le manque d’information sur les droits et les voies de recours, couplé à une tendance institutionnelle à banaliser les signalements sous prétexte de « problèmes de génération », perpétue un climat d’impunité. Face à ces constats, Unia a publié en 2025 un guide antiraciste et formule des revendications précises : formation obligatoire des formateur·rices, contrôles renforcés des conditions d’apprentissage et accès élargi à la protection juridique. La lutte contre le racisme en apprentissage impose dès lors une refonte des pratiques pour garantir une égalité effective, condition sine qua non de la qualité de la formation et de la santé des futur·es professionnel·les.
(Source : humanrights.ch)