Une étude nationale mandatée pointe les limites des outils d’évaluation actuels pour les conducteur·trices âgé·es ou avec troubles cognitifs. Elle préconise une harmonisation des pratiques et un accompagnement à la transition de mobilité.
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Les tests neuropsychologiques utilisés pour évaluer l’aptitude à la conduite des personnes de plus de 75 ans ou présentant des troubles cognitifs manquent de fiabilité. Le cadre législatif actuel permet par ailleurs à des médecins de s’auto-déclarer compétents pour réaliser ces examens sans formation spécifique. Menée durant trois ans par un consortium d’institutions suisses, dont la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL), à la demande de l’Office fédéral des routes, une recherche met en évidence la nécessité de réformer les pratiques d’évaluation.
L’enquête souligne que les tests neuropsychologiques actuels manquent de fiabilité car peu ont été conçus pour évaluer les fonctions spécifiques requises pour la conduite ; ils échouent ainsi à prédire correctement l’aptitude réelle sur route dans plus d’un cas sur quatre.
Le cadre législatif, qui réserve exclusivement l’évaluation de l’aptitude à la médecine et à la psychologie du trafic sans définir clairement le rôle des autres acteur·rices, laisse chaque canton libre d’organiser ses propres procédures. Cette absence de standards nationaux engendre un dispositif fragmenté et un risque d’iniquité de traitement selon le lieu de résidence. De plus, peu de solutions existent pour accompagner la cessation de la conduite vers des modes de transport alternatifs.
Pour améliorer les pratiques, le rapport formule plusieurs recommandations. Les auteur·es proposent de développer une évaluation sur route effectuée conjointement par des professionnel·les de santé et de la conduite, tel·les que des ergothérapeutes et des moniteurs de conduite, pratique déjà en cours à l’étranger. Ils et elles préconisent de supprimer le système d’auto-déclaration des médecins de niveau 1 et de rendre obligatoire une formation spécifique, ouverte à d’autres professions de santé.
Le rapport suggère également de clarifier les degrés d’aptitude à la conduite en quatre niveaux, allant de l’absence de contre-indication au retrait immédiat du permis. Les deux niveaux intermédiaires correspondraient à des situations nécessitant soit des mesures de soutien pour maintenir la conduite, soit un accompagnement progressif vers l’arrêt et la mise en place de solutions de mobilité alternatives.
Enfin, les chercheur·ses recommandent l’élaboration d’une stratégie nationale relative à l’aptitude à la conduite en cas de troubles cognitifs, afin d’harmoniser les pratiques, de soutenir les professionnel·les et d’informer le public.
(Source : communiqué de presse)
Projet Drive-Check, mené par la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne (HETSL I HES-SO), l’unité de médecine et psychologie du trafic (UMPT), le Centre Leenards de la mémoire (CLM), le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), la Bern University of Applied Sciences (BFH), la Fédération romande des écoles de conduite (FRE) et la Zurich University of Applied Sciences (ZHAW). Voir le rapport complet
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