Les Journées de la Schizophrénie se tiennent du 14 au 21 mars 2026 dans une dizaine de pays. L’édition met l’accent sur le dévoilement précoce des troubles chez les jeunes et interroge la place de l’intelligence artificielle.
© The Gender spectrum
En Suisse, près de 85’000 personnes vivent avec une schizophrénie et les premiers signes apparaissent le plus souvent entre 15 et 25 ans. Plus largement, près de deux millions de personnes vivraient avec un trouble psychique en Suisse, selon les informations diffusées par l’association PositiveMinders.
Pour leur 23e édition, les Journées de la Schizophrénie, organisées du 14 au 21 mars 2026 dans une dizaine de pays, souhaitent attirer l’attention sur les obstacles au dévoilement des symptômes et du diagnostic. L’association indique qu’un retard diagnostique moyen de sept ans persiste, avec des conséquences importantes sur la prise en charge et l’évolution de la maladie.
La peur du regard d’autrui, les préjugés persistants ou encore l’autostigmatisation contribueraient à maintenir le silence autour de ces troubles de santé mentale. Ces facteurs peuvent retarder l’accès à une prise en charge précoce, pourtant déterminante pour l’évolution du trouble et la qualité de vie des personnes concernées.
Dans ce contexte, PositiveMinders annonce le lancement d’une campagne de sensibilisation intitulée « Le bon moment ». Diffusée en ligne, sur les réseaux sociaux et à la télévision, elle aborde la question du dévoilement d’un trouble psychique et des conditions permettant à cette parole d’être entendue. Des témoignages de personnes concernées ainsi que l’éclairage de psychiatres et de psychologues sont également annoncés.
L’organisation cite également un sondage réalisé en juin 2025 par l’institut OpinionWay, après une campagne de sensibilisation menée en France. Selon ces résultats, la part des personnes associant la schizophrénie à la dangerosité serait passée de 77% à 48%. Par ailleurs, 82% des répondant·es indiquaient se dire prêt·es à partager un moment avec une personne concernée.
L’édition 2026 met aussi en lumière un phénomène émergent. Selon l’association, certain·es jeunes utiliseraient l’intelligence artificielle comme premier espace d’expression pour évoquer leurs angoisses, leurs symptômes ou leurs interrogations, avant d’en parler à leur entourage ou à un·e professionnel·le de la santé.
Accessible en permanence et perçue comme neutre, cette technologie peut constituer un premier lieu de verbalisation. Elle soulève toutefois plusieurs questions, notamment le risque d’interprétations erronées, l’absence de cadre médical, un éventuel retard de consultation ou encore les enjeux liés à la protection des données.
Les organisateur·trices souhaitent ainsi ouvrir le débat sur les conditions dans lesquelles ces outils pourraient soutenir la détection précoce des troubles psychiques et orienter les personnes vers les ressources de soin appropriées.
(Source : communiqué de presse)