Entre 2012 et 2022, le taux de pauvreté dans le canton de Vaud est passé de 5% à 3.9%. Le «Rapport social 2026» souligne l’effet déterminant du dispositif social, tout en mettant en lumière un non-recours pouvant atteindre 30%.
© État de VaudPublié le 26 février 2026, le Rapport social du Canton de Vaud analyse la situation sociale de la population entre 2012 et 2022 et évalue les effets de la politique sociale, y compris durant la pandémie de COVID-19. Troisième édition après ceux parus en 2011 et 2017, ce document met en évidence une amélioration globale du niveau de vie, tout en révélant des évolutions contrastées selon l’âge et la composition des ménages.
Entre 2012 et 2022, le niveau de vie médian progresse de 4.5% en termes réels. Il augmente notamment pour les personnes de 65 ans et plus, ainsi que pour les couples avec un ou deux enfants. Les femmes seules avec un ou deux enfants voient également leur niveau de vie médian progresser de 4.1%. En revanche, celui des personnes seules de 25 à 64 ans recule de 1.4%. La progression globale masque ainsi des situations plus fragiles pour certains types de ménages.
Le taux de pauvreté absolue, calculé selon le seuil défini par la Conférence suisse des institutions d’action sociale, diminue de 5% à 3.9% entre 2012 et 2022. En 2022, sans prestations sous condition de ressources, il s’élèverait à 11.1%, soit près de trois fois plus.
L’impact est particulièrement marqué pour certains groupes. Pour les femmes seules avec un ou deux enfants, le taux de pauvreté s’établit à 8.6% en 2022 avec prestations, contre 25.9% sans celles-ci. Pour les personnes de 65 ans et plus, il passe de 1.6% avec prestations à 11.8% sans soutien financier.
Les prestations complémentaires à l’AVS et à l’AI, les subsides à l’assurance-maladie, les prestations complémentaires pour familles et le revenu d’insertion figurent parmi les dispositifs qui contribuent le plus à cette réduction.
Le rapport relève également que la pauvreté est le plus souvent transitoire. Sur l’ensemble de la période 2012-2022, 10.7% de la population résidant dans le canton a connu au moins un épisode de pauvreté absolue. Parmi ces personnes, 58% n’ont vécu qu’un épisode limité à une ou deux années consécutives, tandis qu’une part plus restreinte connaît des épisodes répétés ou prolongés.
Pour la première fois, le Canton publie également des données sur le non-recours aux prestations sous condition de ressources. En 2022, 22% des ayants droit aux prestations complémentaires pour familles, 25% aux subsides à l’assurance-maladie et 30% au revenu d’insertion n’y recourent pas. En 2020, le taux s’élevait à 23% pour les prestations complémentaires à l’AVS.
Une étude qualitative menée par l’Observatoire des précarités de la Haute école de travail social et de la santé Lausanne identifie des facteurs individuels et structurels: méconnaissance des droits, crainte de stigmatisation, perception de contrôles jugés excessifs ou charge administrative importante.
Ces résultats soulignent que l’efficacité redistributive des prestations dépend aussi de leur accessibilité concrète. Plusieurs dispositifs — notamment des projets pilotes du programme «Vaud pour vous», des initiatives régionales d’action sociale et la hotline cantonale Centrale des solidarités — visent à renforcer l’information et l’orientation des personnes concernées.
(Source : communiqué de presse)
Voir le Rapport final de l'Étude qualitative sur le non-recours au Revenu d’insertion de la HETSL