Faite d’opportunités et de ruptures, la transition vers la retraite mérite plus d’attention, selon le Conseil consultatif des seniors, qui lance son premier prix. Rencontre avec son président, Dominique Kohli.
Propos recueillis par Geneviève Ruiz
(REISO) Dominique Kohli, le Conseil consultatif des seniors (CoCos) 1, que vous présidez, va attribuer son premier prix 2 en octobre 2026 sur le thème du passage à la retraite. Parmi les nombreuses thématiques potentielles, pourquoi avoir choisi celle-ci ?
© Conseil consultatif des seniors / Dominique Kohli(Dominique Kohli) Le passage à la retraite s’est imposé après une longue réflexion menée au sein du CoCos, mais aussi en collaboration avec nos partenaires de l’économie privée. Le prix est en effet soutenu par d’importants acteurs économiques vaudois qui sont préoccupés par la perte de compétences que les départs à la retraite occasionnent, ainsi que par les difficultés psychosociales qui peuvent survenir. Contrairement au cliché qui voudrait que la retraite équivaille à des vacances éternelles, elle peut représenter un choc identitaire pour une majorité de personnes. Certaines font face à un vide existentiel et se sentent inutiles.
Ce sont ce genre de risques que le prix entend prévenir ?
Cela fait partie de nos attentes, en effet. Nous sommes ouverts à toute proposition qui puisse apporter un soutien à cette transition qui s’étend depuis le milieu de la cinquantaine jusqu’à l’âge de la retraite. Ce passage comprend également des risques d’ordre financiers, intellectuels ou physiques. Souvent, les outils et des informations utiles pour anticiper et gérer ces changements ne sont pas connus. Les enjeux sont propres à chaque personne, en lien avec le parcours de vie et la situation familiale. Il faudrait faire en sorte que chacun·e puisse bénéficier de la meilleure qualité de vie possible à la retraite.
Le passage à la retraite est aussi marqué par les inégalités. Allez-vous prendre en compte ces enjeux ?
Nous nous sentons fortement concernés par les inégalités et serions ravis de soutenir des projets abordant ces aspects. Cela étant, il faut être conscient qu’il s’agit de problématiques globales et qu’à l’échelle du CoCos, nous ne pourrons pas tout résoudre. Notre champ d’action reste modeste face à l’ampleur de ces enjeux.
«Notre objectif est de faire éclore les meilleures idées
Le CoCos s’intègre dans le cadre de la politique cantonale Vieillir2030. Est-ce que le rôle de son prix est de compléter les autres projets et instruments déployés ?
En réalité, le CoCos a vraiment eu carte blanche pour élaborer cette première édition du prix. Ce dernier ne s’inscrit donc pas directement dans l’agenda, ni dans les objectifs de Vieillir2030, même s’il peut le compléter et l’enrichir. Nous avons constitué ses modalités et avons décidé par nous-mêmes d’approcher des acteurs de l’économie privée.
Les membres du CoCos feront partie du jury et seront directement impliqués dans l’évaluation des projets. Votre but est-il que les savoirs expérientiels des seniors participent à la sélection ?
Alors oui, il est essentiel que des membres du CoCos puissent participer à la sélection des projets, car il s’agit de citoyen·nes seniors qui représentent la société. Mais le plus important pour nous est que le jury intègre une diversité de points de vue : il y aura quatre ou cinq membres du CoCos, mais aussi un·e membre de l’équipe Vieillir2030, des représentant·es des entreprises partenaires, ainsi qu’une personne de la plateforme Agora Vaud, qui réunit le monde associatif des seniors. Notre objectif final est de faire éclore les meilleures idées. Et surtout que celles-ci soient reproductibles, qu’elles puissent circuler dans la société et les collectivités.
(Propos recueillis par Geneviève Ruiz )
Voir le flyer du premier prix CoCos