Eduquer les enfants... et vexer les parents

dimanche 27 février 2011

Pour mon travail de fin d’études en éducation sociale à la Haute Ecole de travail social (HETS Genève), je me suis intéressée à la campagne d’information, émanant d’associations actives dans le domaine de l’enfance à Genève et soutenue par l’Etat de Genève. Intitulée « L’éducation donne de la force », cette campagne s’est déroulée en 2006 et 2007. Elle tenait en huit piliers/conseils pour accompagner les parents dans leurs défis quotidiens.

Les normes implicites

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Les huit « piliers » de la brochure sont des outils d’accompagnement pour l’éducation des enfants, mais ce sont aussi des normes implicites dictées par les structures et les autorités – dont l’école fait partie. Ces piliers ne semblent pas forcément tous adaptés à tous les parents et à toutes les cultures.

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- Ainsi, le conseil « Montrer ses sentiments » n’est pas évident à mettre en place pour tous les parents et toutes les cultures.

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- Un autre conseil parfois peu adapté : « Prendre le temps ». Il demande aux parents de partager plus de temps avec leur enfant et de faire des activités avec lui. Cette façon de faire n’est pas évidente pour certains pères provenant de cultures différentes et dans une société où certains parents travailleurs ont très peu de temps libre.

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Lors des interviews, les parents ont déclaré qu’ils pensaient que cette campagne avait été mise sur pied par l’école ou/et le Département de l’instruction publique, et non par les diverses associations qui en sont pourtant à l’origine. Cette interprétation s’explique probablement par le fait qu’ils ont reçu la brochure par le biais du journal « L’école ». Mais en creusant cette question, je me suis aussi rendu compte que, parfois, l’école est considérée – et se considère elle-même – comme la principale institution de transmission des normes.

Les malentendus persistants

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Cette situation crée quelques malentendus. Certains parents considèrent que l’école possède un pouvoir très important et qu’il est fondamental de respecter les dires des enseignants. Ils se sentent ensuite incompris lorsqu’ils sont en désaccord. Quant aux enseignants, certains ont l’impression de « faire » l’éducation des élèves pour pallier l’absence de parents considérés comme démissionnaires face à leurs enfants.

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Cette conception est mal ressentie par la majorité des parents interviewés qui la trouvent injuste. Ils estiment que ce regard des enseignants est à l’origine de leur sensation désagréable d’être mis à l’écart du milieu scolaire. Ils pensent aussi que la communication entre parents et enseignants peine à s’installer et que leurs attentes ne sont pas toujours satisfaites.

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Les parents ne sont pas tous démissionnaires, évidemment. Lors des interviews, j’ai même plutôt ressenti l’inverse. Certaines mères interviewées perçoivent clairement une pression d’ordre éducatif venant des instances institutionnelles. D’autres sentent un regard appuyé, parfois jugeant, de tierces personnes provenant du contexte extra-familial. Et la majorité des mères ont la déplaisante impression d’être obligées d’adopter une certaine conduite pour prévenir tout reproche.

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Une difficulté souvent citée par les parents est celle qui consiste à savoir poser des limites. Les femmes sont en majorité persuadées que l’éducation fait partie de leur rôle et qu’il est important de les laisser l’appliquer selon leurs propres normes, par conséquent de leur faire confiance. Elles apprécient le fait d’obtenir un soutien pour l’éducation de leurs enfants, mais pour autant que cela reste un soutien !

Sandra Wanner, HETS Genève

Une Maison de la famille ?

A l’issue de mon travail, je me suis questionnée sur l’idée de mettre sur pied une maison de la famille. Elle permettrait aux parents de se rencontrer, de discuter des difficultés qu’ils vivent dans leurs tâches éducatives et de se sentir moins seuls. Ils pourraient aussi, s’ils le souhaitent, faire appel à un travailleur social afin de répondre à leurs questions ou les aider dans certaines démarches administratives. Le but de cette maison ne serait pas de juger ou de dicter des normes, mais de discuter de ce que les parents vivent. Cette maison accueillerait aussi toutes les associations qui travaillent autour de la famille. Les professionnels et les parents échangeraient ainsi leurs points de vue sur les normes et les règles que la société leur impose. Une idée à concrétiser un jour ? S. W.

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- Télécharger des extraits de la campagne (1 page pdf, 710 ko)

PDF - 710.3 ko
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